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En avril dernier, Michel Boyon, président du CSA, réclamait "un soutien fort des pouvoirs publics" pour le déploiement de la RNT. Quelques jours plus tôt, le SNRL et DR France écrivaient à Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication, pour lui demander de procéder au lancement rapide de la RNT en France. Ce courrier était suivi par une lettre du Comité DRF qui estimait que "jamais la situation de la radio n'a été aussi biaisée et noyée dans un rideau de fumée organisé par les quatre grands groupes industriels de la radio en France, avec la complicité de l'État". Désormais, c'est au tour des nouveaux entrants d'alerter le gouvernement et le CSA sur le "grave préjudice" que leur portent les retards accumulés dans le déploiement de la RNT. Ils rappellent qu'ils ont bâti leurs projets "en étant mobilisés par la promesse du CSA".
Le gouvernement va t-il assumer la responsabilité d'un éventuel échec de la Radio Numérique Terrestre en France ? Alors que la plupart des acteurs du secteur, à l'exception du Bureau de la Radio, déplorent les retards pris dans ce dossier, et tandis que la sénatrice Catherine Morin-Desailly a exhorté le gouvernement à "engager rapidement une nouvelle réflexion sur les conditions de réussite de la RNT" (lire RadioActu du 12/05/2010), c'est désormais au tour des nouveaux entrants de faire entendre leurs voix. Les représentants des stations R2O, Crooner Fréquence Numérique, Antinea et Radio Mandarin viennent ainsi d'adresser un courrier à Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre chargée du développement et de la prospective de l'économie numérique, Christian Estrosi, Ministre de l'industrie, Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication, ainsi qu'à Michel Boyon, président du CSA. Rejoignant Radio FG et Ouï FM dans leur démarche en faveur de la RNT, les nouveaux entrants expliquent que le nouveau retard annoncé du démarrage de la RNT leur "pose aujourd'hui un grave problème". Ils rappellent que le démarrage de la RNT est "pourtant aujourd'hui reconnu comme indispensable économiquement et démocratiquement à la pérennité d'une radio gratuite et populaire". Car ces retards accumulés depuis l'attribution il y a un an maintenant, en mai 2009, des fréquences sur la future RNT mettent aujourd'hui en péril la viabilité économique de ces nouveaux entrants. Cette situation rappelle étrangement l'ouverture de la bande AM par le CSA au printemps 2004 et la perspective annoncée par les pouvoirs publics de numérisation rapide de cette bande selon la technologie DRM. Faute d'une réelle volonté politique, ce "renouveau" de la bande AM s'était alors soldé par un fiasco total et l'arrêt de ces nouvelles stations quelques mois plus tard, enterrées sans gloire par une promesse non tenue de l'État et du CSA.
Aujourd'hui, les nouveaux entrants sont décidés à ne pas se laisser aller à la fatalité et au dictat des grands groupes privés qui ont réclamé au CSA un moratoire de 18 mois sur la RNT, notamment par la voix du Bureau de la Radio. Mettant le gouvernement et le CSA face à leurs responsabilités, ils soulignent que leurs projets sont le fruit de "plusieurs années d'investissement et de travail, sans avoir de réseau FM préexistant et en étant mobilisés par la promesse officielle du CSA, qui avait, jusqu'alors, dicté leur démarche te leur opiniâtreté, en toute confiance vis-à-vis de l'État Français". Ils rappellent par ailleurs qu'il y a 3 ans, le premier appel aux candidatures sur la RNT s'inscrivait "dans un élan d'enthousiasme général parmi les différents acteurs du métier de la radio", et en particulier des grands groupes privés et de Radio France. Ces derniers ont imposé la norme T-DMB, "dont on sait aujourd'hui qu'elle réduisait à la base le nombre de nouvelles radios possibles", déplorent les nouveaux entrants. Ils expliquent que les grands groupes "sûrement déçus de n'avoir obtenu gain de cause pour leurs nouvelles propositions de programmes (...) s'obstinent à freiner le départ, pourtant inéluctable, de la radio numérique en France". Selon les nouveaux entrants, les grands groupes "ne se soucient sûrement pas de l'avenir de la radio en général et de la situation grave dans laquelle se trouvent aujourd'hui confrontés les nouvelles radios pourtant nommées par le CSA qui ne peuvent aujourd'hui commencer à s'installer officiellement, sur la base de leurs diverses sources de financement, dans un contexte de telle incertitude". Ils expliquent que les investisseurs spécialisés dans les médias "se trouvent aujourd'hui dans une situation d'immobilisme par rapport au financement de ces nouvelles radios".
Les nouveaux entrants estiment qu'il est "urgent d'accélérer le processus qui permettra d'éviter au média radio de tomber aux mains des opérateurs de téléphonie et d'internet, de garder son indépendance et d'augmenter son offre de programmes gratuits et accessibles au plus grand nombre". Ils demandent désormais à l'État Français d'intervenir auprès du CSA "par le biais d'un signal fort et d'une aide conséquente, pour lui permettre d'effectuer, comme prévu, un démarrage massif de la RNT sur le territoire dans les deux années à venir". Ils souhaitent également que soit rendue possible l'utilisation de la norme DAB+, afin de garantir aux éditeurs de programmes un coût de diffusion minimal avec un possibilité maximale de nouveaux programmes. Si le DAB+ était retenu, les nouveaux entrants expliquent que le nombre de programmes par multiplexe pourrait être porté à 14, contre 7 avec le T-DMB. "Ainsi, au fil des prochaines années, la radio Française gardera son sens, son ubiquité et sa richesse tout en s'ouvrant à des stratégies plurimédia que les jeunes nouveaux acteurs connaissent bien, tout en ayant le bon sens de militer pour le numérique hertzien, reconnu par eux indispensable pour demain", ont ajouté les nouveaux entrants.
Eléa Vidal (elea.vidal_at_radioactu.com) pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2010 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/127792/rnt-les-nouveaux-entrants-interpellent-les-pouvoirs-publics/
Eléa Vidal pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2010 · Reproduction interdite sans autorisation
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26-05-2010 15:02:15 par Alain Térieur
Cette RNT est un gouffre financier. Tous les grand...SUITE >
28-05-2010 05:21:30 par LuParis
La radio numérique apporte quoi de plus concrèteme...SUITE >
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