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Jean-Luc Hees, PDG de Radio France, a été auditionné le 6 octobre dernier par la commission de la culture du Sénat. Au cours de cette audition, il a évoqué les grands dossiers en cours. Concernant la RNT, Jean-Luc Hees a affirmé qu'il était désormais devenu un "aficionado" de la RNT. "J'y vois toutes les garanties d'avenir pour le service public", a t-il affirmé, ajoutant que "la RNT serait le nirvana du service public". Sur la question des redéploiements de postes au sein de France Bleu, il a expliqué qu'"il n'y a que de cette façon que cette maison peut avancer". Évoquant Le Mouv', Jean-Luc Hees a indiqué que "c'est un des chantiers d'antenne prioritaires". Le PDG de Radio France a par ailleurs admis que "l'antenne de France Inter n'est pas encore stabilisée le matin". Audition en vidéo sur RadioActu.
Entendu le 6 octobre dernier par la commission de la culture du Sénat, Jean-Luc Hees, PDG de Radio France s'est livré à un tour d'horizon des grands chantiers en cours dans le groupe public. Sur la question du redéploiement de postes de journalistes au sein de France Bleu, et le transfert d'un poste de journaliste à France Bleu Champagne au détriment de France Bleu Nord, Jean-Luc Hees a expliqué que cette dernière est "une station qui fait bien son travail qui couvre une zone très peuplée. C'est une station qui a historiquement toujours été mieux dotée en journalistes que d'autres car c'est une des premières stations locales développée par le groupe Radio France". Il estime que "si on veut développer France Bleu, nous avons décidé de ne pas renouveler un poste de journaliste qui partait en retraite et de l'affecter à France Bleu Champagne. Je comprends les difficultés et les angoisses du personnel". Expliquant que "le mot productivité est mal perçu dans cette entreprise", il a ajouté que "les modifications doivent être partagées par l'ensemble de la maison. Il n'y a que de cette façon que cette maison peut avancer. Il n'y a pas de brutalité là dedans".
Concernant le déploiement de la radio numérique terrestre, Jean-Luc Hees a expliqué que, lors de son arrivée à la tête de Radio France, c'est un dossier avec lequel il n'était pas familier. "Je me suis beaucoup scolarisé depuis", a t-il expliqué. "Je suis devenu un aficionado de la RNT en tant qu'opérateur public. De ma position, je n'y vois que des avantages", a affirmé le PDG de Radio France. "Je serais éditeur d'une radio privée, j'aurais peut être un autre sentiment sur ce dossier, mais j'y vois toutes les garanties d'avenir pour le service public : l'indépendance, la neutralité, la gratuité. C'est quand même très important puisque si on considère simplement que l'avenir de la radio c'est Internet et les mobiles, il va bien falloir payer 30 euros par mois du côté de nos auditeurs pour pouvoir entendre la radio", a ajouté Jean-Luc Hees.
"Cela ne me semble pas être l'avenir du service public, et je ne suis pas sûr que tout le monde soit marié à cette complication technologique que cela suppose. On attend le rapport de David Kessler sur le sujet. C'est assez inconfortable pour nous, notamment pour l'élaboration de notre COM", a précisé Jean-Luc Hees. "On a même créé notre multiplex pour pouvoir accueillir le développement de la RNT. On est les seuls d'ailleurs. Les grands opérateurs privés, notamment les généralistes, ont décidé de ne pas aller dans l'aventure pour l'instant. Donc la balle n'est pas vraiment dans notre camp, mais en toute honnêteté, la RNT serait le nirvana du service public, pour de vraies raisons sérieuses, notamment pour l'anonymat", a t-il expliqué. "Ce ne serait pas pareil si tout devient transporté par des opérateurs de télécoms. Je ne suis pas frappé de sinistrose, mais je pense que la radio est un instrument d'absolue liberté pour ceux qui la font et ceux qui l'écoutent", a t-il affirmé.
Interrogé sur la désaffection des stations de Radio France par le jeune public, Jean-Luc Hees a indiqué que des stations telles que Europe 1 et RTL sont confrontées aux mêmes soucis. "Aujourd'hui, si on a 16 ans ou 18 ans, on n'a plus à aller sa musique sur une radio prescriptrice. On fait soi-même son programme. Si on regarde le marché des radios musicales jeunes, il y en a une qui sort du lot parce qu'elle est intelligente, parce qu'elle a créé un lien politique avec ses auditeurs en s'appuyant notamment sur la révolution numérique. Il y a une vraie vision, qu'on leur envie et on est en train de loucher dessus. Je parle de Skyrock", a expliqué le PDG de Radio France. "Il faut regarder attentivement ce qui se passe. Il faut offrir aux jeunes quelque chose qu'ils ont envie d'écouter. C'est l'idée du Mouv'. C'est un sens difficile et coûteux, parce que faire de l'éditorial c'est plus coûteux que de balancer de la musique comme ça. Le Mouv' est évidemment une radio qui doit être pionnière en termes de multimédias, mais il faut avoir les moyens", a t-il ajouté.
L'évolution de l'antenne du Mouv' et de son audience sont au coeur des préoccupations de Jean-Luc Hees, qui a expliqué que cette station est "en pleine révolution. On ne peut pas laisser cette station vivoter. C'est un des chantiers d'antenne prioritaires". Selon Jean-Luc Hees, Le Mouv' est une station "qui n'a pas trouvé son public au bout de 13 ans. Il me semble que notre responsabilité et de ne pas se contenter d'un échec. On a un produit qui ne s'adresse pas au public auquel il est destiné". "Je n'ai pas 3 ou 4 ans pour faire redémarrer une radio qui ne se porte pas bien. Donc on fait des choses sans doute un peu plus spectaculaires pour lancer cette radio parce que j'y vois une magnifique antenne de service public. C'est un enjeu considérable pour le groupe Radio France", a affirmé Jean-Luc Hees.
Le PDG de Radio France a également été interrogé sur les changements intervenus sur la grille de France Inter, et en particulier sur la matinale de la station. "L'antenne de France Inter n'est pas encore stabilisée le matin, c'est vrai. Je ne suis pas directeur de France Inter, mais je mets ma petite main dans toutes les antennes, ce qui est bien normal, c'est ma responsabilité. Je laisse travailler les gens à leur rythme et puis j'essaie de corriger les choses quand j'estime que ça ne va pas", a t-il expliqué. "On n'a pas choisi de modifier cette grille du matin, c'est Nicolas Demorand qui a choisi d'aller travailler dans une entreprise privée", a expliqué Jean-Luc Hees, même si en réalité Nicolas Demorand avait annoncé sa volonté de quitter la matinale avant de prendre la décision de rejoindre Europe 1. "Il n'y a rien à redire à ça, c'est la liberté des gens. Quand quelqu'un incarne pendant 3 ou 4 ans une tranche du matin sur France Inter, c'est assez difficile de modifier les choses", a expliqué Jean-Luc Hees.
"Il me semble qu'avec Patrick Cohen on a trouvé une Rolls Royce de journaliste. Ce n'est pas le même style, mais c'est un grand journaliste qui travaille totalement en liberté. Il est rédacteur en chef de la tranche, ce qui, à mon avis, entraîne une amélioration de la qualité des contenus des journaux de la tranche du matin" a t-il estimé. Expliquant que "les choses se mettent en place", il a reconnu que "l'on fait beaucoup d'erreurs dans une grille. De temps en temps, les choses ne fonctionnent pas très bien, donc on essaie de les améliorer et de ne pas vivre avec nos erreurs. Donc il y aura encore des améliorations apportées à cette tranche du matin". Mais, a t-il ajouté, "ce qui compte le plus pour moi, c'est le fait qu'un journaliste impeccable soit à l'antenne. Les directeurs d'antenne m'aiment bien et me détestent. Ils m'aiment bien parce qu'on se connaît, mais ils savent à quel point je suis un terrible auditeur aussi".
Enfin, Jean-Luc Hees a tenu une nouvelle fois à réaffirmer son indépendance, après avoir été nommé à la tête de Radio France par Nicolas Sarkozy. "Je suis un homme viscéralement indépendant. C'est mon métier et je travaille dans une maison viscéralement indépendante", a t-il martelé. "Je n'ai jamais été sollicité, je n'ai jamais subi de pressions. Il n'y a aucune acte de censure dans aucune des chaînes de Radio France, j'en suis le garant", a t-il affirmé avec véhémence. "Je n'ai jamais eu au téléphone un ministre de la République depuis le 12 mai 2009. Jamais. Je vous jure que c'est vrai. Je crois que j'ai prouvé depuis mon arrivée que l'interventionnisme et la censure ne pouvaient pas exister. Je suis journaliste, ma carte de presse est le n° 32 123. Je n'ai jamais failli dans mon métier", a ajouté Jean-Luc Hees.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2010 · Reproduction interdite sans autorisation
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Thibault Leroi pour RadioActu
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Commenter
10-10-2010 06:36:22 par Salette
Rédaction RadioActu a écrit:Radio France - Jean-Lu...SUITE >
10-10-2010 20:13:20 par cocoben
"L'antenne de France Inter n'est pas encore s...SUITE >
13-10-2010 18:26:43 par heesbienraisonnable
Laissez-moi rire. C'est la meilleure. Jean-Luc Hee...SUITE >
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