PUBLI-INFO > RadioActu vous conseille 

Envoyez cet article à un ami
Il fêtera le 22 mai prochain ses 30 ans d'antenne dans Les Nocturnes : Georges Lang évoque ses débuts, sa passion pour la musique anglo-saxonne, les Etats-Unis, les radios américaines, l'arrêt de l'émission en décembre 2000, la Villa Louvigny. Entretien exclusif.
RadioActu : Comment est née ta passion pour la radio et la musique anglo-saxonne ?
Georges Lang : C'est une longue histoire... J'étais jeune garçon, à Metz, et j'écoutais abondamment la radio en fin d'après-midi, c'était les débuts de "Salut les Copains" et je trouvais que c'était bien car on recevait pas mal d'informations concernant les Etats Unis. Donc j'ai été attiré vers ce pays, de par sa musique, sa culture, sa façon de vivre. Et moi, habitant à Metz, ville de garnison par excellence, il m'arrivait de fréquenter des américains et des canadiens qui étaient stationnés là-bas. Toute ma jeunesse a été bercée dans ce climat anglo-saxon, j'allais chez les gens faire du baby-sitting et chez eux je découvrais les disques des parents. Là-dedans, il y avait des choses qui me passionnaient comme Paul Anka, Elvis Presley, Fats Domino, Ray Charles, et puis des disques de jazz. J'ai commencé à collectionner les disques, et avec un copain de classe j'ai fait un dossier dans lequel on mettait tout ce qu'on aimait. Et parmi tous ces jazzmen, il y avait Ray Charles qui sortait du lot. Il commençait à "bricoler" avec la musique soul, le R'n'B et même la country, et en allant dans un magasin de disques, je me suis aperçu que le fameux Ray Charles était surtout un chanteur très populaire aux USA. C'est comme ça que je me suis davantage
intéressé à la musique dite de variété plutôt qu'au jazz. Parallèlement à ça, j'écoutais la nuit des émissions de jazz sur Europe 1, comme "Pour ceux qui aiment le jazz" de Franck Ténot et Daniel Filipacchi. Je suis alors devenu un farouche adepte de la musique diffusée la nuit. J'étais à la fois fasciné par l'outil, la radio, et par le contenu, la musique anglo-saxonne. Et j'étais tellement passionné par la radio de nuit que je suis allé un jour frapper à la porte de RTL et j'ai dit que je voulais faire une émission la nuit. On m'a répondu qu'il y avait déjà quelqu'un en place, et qu'en plus les studios n'étaient pas à Paris, mais à Luxembourg. On m'a demandé de faire un essai en direct, car à l'époque on ne s'embêtait pas avec les pilotes, les tests et les démos. C'est comme ça que j'ai commencé. Là-bas, j'ai rencontré Bernard Schu qui était un autre animateur de RTL, et petit à petit, on nous a confié la tranche de minuit à 5 heures. C'était complètement nouveau puisque RTL s'arrêtait à 3 heures à cette époque là. Le directeur de l'époque, Jean Farran, qui avait bousculé le vieux Radio Luxembourg et qui avait dit que cette radio ne devait jamais s'arrêter, avait prolongé la nuit jusqu'à 5 heures. C'est comme ça que sont nées Les Nocturnes, avec les moyens du bord, un studio à notre disposition, avec des disques et avec nos voix. C'était donc en mai 1973, mais j'ai commencé à RTL à Luxembourg en 1971.Je suis devenu un farouche adepte de la musique diffusée la nuit
RA : Comment les Nocturnes sont-elles devenues au fil du temps une véritable institution ?
G.L. : Ce n'est pas moi qui peux répondre. Ce sont les auditeurs qui ont fait la notoriété de cette émission. Je me sentais différent par rapport à mes collègues animateurs et programmateurs de l'époque car je venais avec une programmation décalée. Maintenant ça peut faire sourire, mais passer Elton John, David Bowie, Lou Reed, Pink Floyd en 1973, j'étais un martien. Je ne dis pas que j'étais en contradiction avec ma direction, puisqu'ils m'ont laissé faire. J'avais carte blanche, et en plus j'étais aussi décalé par rapport au site, car j'étais un des rares à ne pas être Rue Bayard et j'étais relégué à minuit. Finalement, c'était une sorte de radio-laboratoire qu'on laissait faire, mais nous n'en avons jamais abusé. Je me suis souvent auto-censuré pour ne pas aller trop dans la programmation et dans mes propos. Quand je ne n'aimais pas un disque, contrairement à d'autres, je ne démolissais pas les disques. Je me contentais de ne pas les passer. Par contre, lorsque j'aimais quelques chose, ça se savait ! Il y avait une variété qui était entendue, qui était analysée par les collégiales des programmations dans les radios. On entendait des groupes comme les Beatles, les Stones, les Who, mais pour les autres, il fallait attendre minuit. Il y a avait bien l'émission de Jean-Bernard Hebey en soirée, où il passait des gens que j'aimais, mais beaucoup de français aussi. Il est à l'origine de beaucoup de carrières françaises et puis son émission a disparu au bénéfice des "Routiers sont Sympas".
RA: Tu vivais à distance à travers tous ces groupes que tu passais sur RTL, à quel moment t'es-tu rendu aux Etats-Unis pour la première fois ?
G.L. : Sensiblement lorsque j'ai commencé à RTL, j'ai fait des allers-retours incessants entre l'Europe et les Etats-Unis. C'est qui a renforcé chez moi l'idée que j'étais dans le vrai. Quand j'ai écouté des radios comme KMET à Los Angeles ou KLOS, je me suis aperçu que leur programmation était complètement en harmonie avec la mienne. Ca m'a donné des ailes et je me suis dit que j'appartenais à une génération qui a sa propre musique, comme James Taylor, Eric Clapton, Michael Francks, Randy Newmann, etc... Ca m'a donné envie de continuer.
RA : Tu as rencontré des animateurs de radios sur place ? Ont-ils eu une influence sur toi ?
G.L. : J'insiste toujours là-dessus : je suis autant passionné par la radio que par la musique. C'est la conjugaison de ces deux passions qui m'a permis de faire Les Nocturnes. Quand je suis arrivé à Los Angeles, j'ai tout de suite été ébloui ! J'en voulais presque à mes parents de ne pas être né citoyen californien (rires). J'ai notamment écouté KRTH 101 qui m'a impressionné autant par le contenu que par leur stratégie, leur manière de travailler, et j'ai sympathisé avec Robert W. Morgan, Rick Dees sur Kiis FM, Real Dan Steel et secrètement, j'avais envie de rencontrer Wolfman Jack qui était une idole pour moi. J'ai cherché, j'ai attendu, jusqu'au jour où, au début des années 80, je l'ai rencontré tout à fait par hasard à Nashville. Il présentait un show de country et j'ai passé une demi-journée avec lui. C'est là qu'il m'a enregistré ces fameux jingles qui disent en substance qui disent en substance "I am Wolfman Jack and you're listening to Georges Lang on WRTL" ! Et ces jingles, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux car depuis, il a disparu, mais la légende Wolfman Jack continue.
RA : Ce sont les jingles que tu utilises toujours à l'antenne ?
G.L. : Ceux de Wolfman jack, je les utilise uniquement pour les Beach Party en été. Les autres jingles font partie d'une autre histoire. Parallèlement à mon engouement pour la Californie, je vivais dans un environnement à Luxembourg que j'adorais. C'était celui de la fameuse Villa Louvigny où nous sommes restés de 1973 à 1990. Dans cette bâtisse située en plein centre d'un parc municipal à Luxembourg, il y avait des animateurs qui alimentaient les émissions des services allemands, anglais, hollandais et luxembourgeois. Je suis évidemment devenu très vite copain avec mes camarades anglais qui avaient un studio qui se trouvait en face du mien. Comme il n'y avait que des vitrages, je les voyais opérer en direct et eux me voyaient de leur côté faire Les Nocturnes. Je vivais en autarcie avec ces animateurs, et je suis devenu très pote avec Paul Burnett et surtout Bob Stewart qui avait une voix extraordinaire. Aux USA, on l'appelait The Golden Voice. C'est à lui que je dois le premier habillage de mes Nocturnes, car c'est lui la voix de "Powerplay", "Georges Lang" et "Saga". C'est un anglais de Liverpool plus américain que les Américains, bourru, mais avec un coeur en or. Il vit aujourd'hui à Dallas. Et j'ai passé des nuits entières après Les Nocturnes dans des discothèques de Luxembourg, dans des endroits qui s'ouvraient clandestinement à 3 heures du matin, à refaire le monde, la musique et la radio. Ces gens-là m'ont apporté leur savoir-faire, et surtout leur historique, car la dizaine de DJ's qui étaient là étaient tous des anciens de radios pirates comme Radio Caroline, Radio Veronica. Ils avaient tous connus les débuts de la radio anglaise et ça me passionnait.
RA : Il y avait donc une ambiance assez particulière et tu travaillais en DJ, ce qui était rare à l'époque...
G.L. : Oui, c'était assez exceptionnel car de 1973 à 1977, j'ai travaillé avec des techniciens, et puis en 1977 pour des raisons diverses et certainement plus d'ordre administratif que budgétaire, on nous a demandé si ça ne nous dérangeait pas d'être seuls à la console (rires) ! On a fait semblant de protester, mais au fond de nous-mêmes on était ravis, on attendait que ça : pouvoir jouer avec les jingles comme les Anglais savaient le faire, de produire nous-mêmes... C'était la folie totale ! La liberté était telle que, à l'époque, quand on ouvrait les fenêtres de la Villa Louvigny en été parce que nous n'avions pas l'air conditionné, si un orage éclatait, on allait mettre un micro près de la fenêtre et on entendait sur "Riders on the Storm" des Doors l'orage qui était sur le disque, augmenté de l'orage luxembourgeois ! Et on le disait... C'était unique de travailler dans des conditions pareilles.
RA : Ce qui veut dire que la météo avait une influence sur la programmation ?
G.L. : Bien sûr, et je l'ai toujours dit ! Par exemple, quand je regarde par la fenêtre du studio de la Villa Louvigny, il neige, il y a une carte postale devant moi... Quand il y avait du brouillard , on passait "Silver Morning" de Kenny Rankin, quand il pleuvait on passait "Sweet cloud and rain" de David Gates... J'étais très tributaire de l'environnement et de ce qui faisait le charme du Luxembourg. C'est un élément important, et je ne pense que j'aurais réussi à créer cette atmosphère si particulière des Nocturnes si je n'avais pas été dans ce cadre retiré, calme, paisible et serein du Grand-duché du Luxembourg. Par la suite, ça a été plus simple de continuer ce qui avait créé. J'avais l'impression que nous étions en retrait par rapport au reste du monde. Nous étions dans les mêmes conditions que les animateurs des stations pirates. On ne touchait pas notre public, quand on sortait dans la rue, il n'y avait pas de fans ou d'auditeurs, parce que les luxembourgeois ne nous écoutaient pas. Finalement, on n'avait pas tout de suite les retombées et la tête n'a pas tourné ! J'ai toujours voulu que cette équipe ne fasse pas une radio dans la radio, nous étions profondément RTL. J'allais toutes les semaines à Paris retrouver mes collègues, mes patrons, les artistes, les maisons de disques.
RA : Et puis en 1990, toute l'équipe quitte la Villa Louvigny...
G.L. : Oui, car RTL est une société moderne. Elle ne renie pas son passé et ses traditions, mais l'environnement n'était plus adapté aux besoins techniques. La CLT décide alors de quitter le centre ville et s'installe à côté des communautés européennes, sur le plateau du Kirchberg dans une cathédrale de verre, un bâtiment hi-tech, avec la volonté de s'affirmer comme étant une compagnie qui a des ambitions européennes, voire mondiales.
RA : Qu'est ce que cela a changé pour l'équipe ?
G.L. : Rien du tout, car du studio 7 de la Villa Louvigny on était descendus à la cave car on avait voulu faire un studio expérimental... On est arrivés dans un endroit où nous avions 250 m² pour nous, c'était extraordinaire, mais je mets au défi quiconque de trouver qu'il y avait la moindre différence entre les émissions qui étaient faites depuis la Villa Louvigny et celles du Kirchberg.
RA : Une autre particularité des Nocturnes : les informations étaient diffusées depuis Paris alors que tu étais au Luxembourg...
G.L. : Historiquement, les infos partaient depuis Luxembourg. Et puis, on a demandé à ce que Paris intervienne pour apporter une information plus conviviale. Donc, dans le même flash, l'international venait de Luxembourg, et les nouvelles françaises venaient de Paris. Ensuite, mes deux collègues de Luxembourg ont pris leur retraite, et les infos sont parties de Paris. Elles étaient souvent assurées par des jeunes qui sortaient d'écoles de journalisme et puis est arrivé le duo Jacques Martinez et Karim Fall. Il y avait les pour et les contre, mais pour moi c'était avant tout des copains !
RA : Et puis en 2000, la direction décide de mettre un terme aux Nocturnes. Comment as tu vécu cette période ?
G.L. : Quand on nous a dit de partir, les choses ont vraiment bougé... RadioActu a d'ailleurs fait partie de cette histoire, et je remercie tous les auditeurs qui ont manifesté leur solidarité massive à cette émission. C'est la nouvelle direction qui nous a rappelés. J'ai rencontré le nouveau dirigeant, Robin Leproux que je connaissais car c'est le fils d'Henri et Colette Leproux, les deux animateurs emblématiques du Golf Drouot que je fréquentais comme jeune animateur. C'est là que j'ai fait la connaissance de Robin Leproux, qui était un jeune homme et qui était loin de se douter qu'il allait diriger RTL un jour. Quand Robin m'a convié, je connaissais son parcours brillant, et c'est la raison pour laquelle RTL a fait appel à lui. Il m'a demandé de poursuivre ce que je faisais, mais il m'a demandé de venir à Paris. J'avais une vie sociale à Luxembourg, mais je savais que j'allais accepter.
RA : C'était quand même un déchirement de quitter le Luxembourg ?
G.L. : Il faut être honnête : ce déchirement ne venait pas du fait de quitter le studio. J'avais suffisamment de métier pour reproduire à l'identique l'ambiance à Paris. Le déchirement vient plutôt du fait que nous n'étions plus que deux sur l'équipe de départ parce que la direction précédente avait fait des coupes sombres et c'était irrattrapable ce truc. Il a fallu produire un volume d'émissions quasiment semblable mais avec une équipe moindre.
RA : A ce moment là, la direction de RTL n'avait donc pas mesuré à quel point les auditeurs étaient attachés à une émission qu'elle estimait confidentielle et secondaire ? Est-ce que tu t'attendais à un tel mouvement de la part des auditeurs ?
G.L. : Non, et j'en étais ému aux larmes ! Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait, je croyais que les Nocturnes allaient s'arrêter dans l'indifférence générale. On a quand même connu au début des années 2000, le phénomène du mail, et les gens s'en sont vraiment servis comme d'un outil, d'une façon de réclamer les choses. Les gens qui m'ont manifesté leur solidarité étaient nombreux, mais parallèlement à ça, ils manifestaient aussi leur colère à d'autres personnes dans la maison. Les mails sont arrivés par milliers, et j'ai tout gardé, j'ai tout imprimé ! Il y avait des messages qui étaient extraordinaires et que je n'aurais jamais pu imaginer. Le succès était aussi partagé avec Lionel Richebourg, Jean-François Johann et Jean-Louis Baudou. On peut facilement imaginer aussi le nombre de personnes qui ne se sont pas manifestées à ce moment là et qui n'en ont pas pensé moins pour autant. La direction a pris conscience de l'importance de l'auditeur pour une radio comme RTL.
RA : Parlons du beau cadeau des 30 ans d'antenne : en 2000 il n'y avait plus personne, et aujourd'hui c'est RTL qui te fête...
G.L. : On ne peut pas faire l'impasse sur l'arrêt de l'émission en 2000, c'est certain ! Ca me permet de dire haut et clair que la nouvelle direction de RTL est une direction qui me parle. C'est quelque chose que je ne connaissais pas avant. Très souvent, je parle de musique avec Robin Leproux. Il aime profondément la musique, il est curieux, et je ne savais pas qu'il connaissait autant de choses propres à ma génération. Il a une culture musicale assez extraordinaire. Le ton a radicalement changé et je ne pouvais pas rêver mieux. Aujourd'hui, dans le contexte difficile de la bataille des radios, je suis heureux à RTL, je suis comme un poisson dans l'eau. Et Robin Leproux est à l'origine de cette soirée. Fin 2002, je lui disais de manière anecdotique que les Nocturnes fêteraient leurs 30 ans d'existence en 2003 et là il a décidé de faire une fête et de sortir une compile. Je n'y croyais pas trop, mais il est revenu à la charge et tout s'est enchaîné ! Il suit le produit, il a demandé à voir les visuels, il a regardé le track listing, il m'a demandé de raconter l'histoire de la maison, et il m'a fait totalement confiance !
RA : Au cours de la soirée anniversaire des Nocturnes, il y aura une Saga qui pour une fois ne sera pas consacrée à un artiste, mais qui te sera consacrée à toi et qui sera présentée par Eric JeanJean. Est-ce que tu as travaillé cette Saga avec lui ?
G.L. : Pas du tout ! Je pense que Eric s'est débrouillé tout seul. Entre nous deux, il y a quelqu'un qui me connaît bien, c'est Bernard Ménéguzzi. Pour les émissions normales je suis seul, mais pour les émissions en extérieur, je pars avec une équipe que Bernard dirige.
RA : Dans quel état d'esprit abordes-tu cette soirée ?
Je suis un peu paniqué, car je suis toujours surpris que l'on accorde autant d'importance à un travail que j'ai fait honnêtement et dans mon coin. Je ne suis pas extrêmement médiatisé, donc il y a des revers de la médaille. Il y a des gens que Les Nocturnes n'intéressent pas parce que j'ai pas montré ma tronche à la télévision. J'aurais bien aimé en faire, j'ai fait beaucoup de production pour les chaînes qui appartiennent à RTL Group pour la Belgique, la Lorraine avec RTL9, dont
l'émission "Chewing Rock" pendant toute la décennie des années 80. On a reçu les plus grands et on me dit que c'était une émission culte. J'ai fait aussi "Classic Rock", qui était diffusé sur M6 dont j'ai ouvert l'antenne le 1er mars 1987. C'était une toute petite chaîne à ce moment et on nous a demandé de faire un choix. J'ai alors donné ma priorité à la radio. J'aurais bien aimé continuer à faire les deux.
RA : Tu as connu toutes les évolutions de la radio depuis 30 ans, et notamment l'arrivée des radios libres en 1980. Quel regard portes-tu sur cette période ?
G.L. : Je trouve que c'est une aventure passionnante. Ce serait mentir que de dire que je n'ai pas rêvé d'être patron d'une radio musicale. Mais ça ne s'est jamais présenté et je n'ai jamais fait savoir que j'en avais envie. Si j'avais été responsable d'une radio, j'aurais souhaité qu'elle ne soit pas trop grande pour à la fois faire de l'antenne et la diriger, c'est à dire être "station manager". J'ai toujours rêvé de le faire au sein du groupe RTL. J'étais d'ailleurs allé à New York et à Dallas avec Rémy Sautter pour étudier la faisabilité de plusieurs radios rassemblées sous le même toit. J'avais visité des radios de la chaîne ABC, et nous avions été sidérés ! On se promenait dans un couloir et on passait d'une radio rock à une radio classic rock, puis une radio light music, et résultat, 20 ans après on fait la même chose en France ! Rue Bayard, il y a trois radios : RTL, RTL2 et Fun. Sur le plan de la gestion d'une entreprise, c'est plus simple d'avoir les trois radios réunies au même endroit.
RA : Quel sentiment les radios françaises actuelles t'inspirent-elles ?
Je les écoute relativement peu, et de toute façon j'écoute toujours les mêmes. Je trouve dommage que ces radios ne s'adressent qu'à un public jeune et qu'on laisse un peu les autres de côté. Je pense à mes auditeurs, et ces gens sont aussi obligés d'aller sur des radios du service public pour écouter
ce qu'ils aiment, ou sur d'autres radios qui appellent aux souvenirs (rires). A vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne fait plaisir à personne. Je pense que les formats devraient être plus pointus qu'ils ne le sont, car il y a un auditoire pour ça. En ce qui me concerne, j'ai toujours aimé la musique et la radio depuis 30 ans. La musique évolue, mais elle évolue bien. Dans le lot de productions, je trouve vraiment mon compte pour alimenter Les Nocturnes. Il est incontestable que l'âge d'Or ça a été les années 70 et 80, mais je trouve encore de quoi satisfaire mon goût et celui de mes auditeurs. Je tiens beaucoup au patrimoine puisque la proportion de disques qui ont été des succès dans l'émission est très importante, sans que ce soit une émission passéiste. La nouvelle génération est toujours très contente de découvrir les trésors de la rock music, et moi je me fais fort d'être le gardien de ce temple !
Je suis le gardien du temple de la rock music
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2003 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/17795/rtl-entretien-exclusif-avec-georges-lang/
Thibault Leroi pour RadioActu
© MédiasActu · 2003 · Reproduction interdite sans autorisation
Flash









