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Jean-Marc Morandini : "Mon départ n'est pas prévu !" MFM rachetée ? Jean-Marc Morandini sur le départ ? Autant de questions que l'on retrouvait ces dernières semianes dans les colonnes de la presse. Le directeur général de Voltage et MFM, Jean-Marc Morandini a accepté de faire le point avec Comfm Pro.
Comfm Pro: Aujourd'hui vous êtes patron de radio (Voltage et MFM). Cependant des rumeurs circulent sur votre départ du groupe LV & Co. Info ou intox ?
J M: Je reste patron de MFM et de Voltage, il n'y a pas de raisons que ça s'arrête ! Il y a beaucoup de bruits sur tout. Je vais arrêter de les commenter, car ça devient un petit jeu où tout le monde tourne en rond. Je suis là, il suffit de venir le constater. Pour l'instant je suis là et je reste ! Je n'ai pas envie de partir et si la question est : est-ce qu'il est prévu que je parte : la réponse est aussi non !
Maintenant si dans 6 mois, un an, deux ans, trois ans, j'annonce que je part, tout ceux qui avaient annoncé mon départ vous dirons : "je vous l'avais bien dit".
Je n'ai pas signé d'accord de confidentialité qui m'interdit de dire que je vais partir. Simplement mon départ n'est pas prévu !
Comfm Pro: Deux ans, ça aurait été une courte aventure avec Gérard Louvin...
J M: Oui, il y a encore des choses à faire ! On oublie trop vite que quand on est arrivé à MFM, l'audience était à 0,7 point. Aujourd'hui, elle s'est stabilisée à 1,5. Quand avec Christophe Sabot, on a pris Voltage, la radio était, de mémoire, à 2,4 points. Aujourd'hui on est à 3,6 ou 3, 7 points. On a beau dire que ça ne monte plus, mais quand vous avez quasiment doublé l'audience des radios, ou quand vous avez pris un ou deux points, c'est quand même énorme ! La force est d'arriver à consolider ces chiffres !
Comfm Pro: Quelle était la stratégie mise en place, en 2000, quand vous avez fait appel à Christophe Sabot ?
J M: En l'an 2000, nous avions une stratégie qui était totalement différente. C'était une stratégie de développement. On s'était dit : aujourd'hui, l'avenir est dans les radios B en local, les vraies radios locales, donc on va acheter ou s'associer avec des radios locales.
La première étape c'était Alpes 1, et comme nous sommes très respectueux de la loi, nous avons contacté le CSA en disant que nous envisagions d'acheter Alpes 1, leader dans la région de Gap et de Grenoble. Etait-il d'accord ? Il a mis un peu de temps à nous répondre.
Finalement il nous a dit que dans l'état actuel de la législation, c'était impossible. Nous avons donc fait marche arrière. On nous a cependant dit que la législation allait peut-être évoluer, à ce jour ce n'est pas le cas. Donc le groupe LV & Co a mis un frein au développement et aux projets.
Comfm Pro: Qelles sont les grandes lignes directrices que vous vous êtes fixées cette saison pour vos deux stations ?
J M: Pour MFM, la ligne directrice c'est la féminisation. Je trouve qu'il n'y a pas assez de femmes sur les radios. On fait beaucoup de radios qui parlent aux femmes mais sans donner la parole aux femmes. Et à plusieurs reprises dans les sondages de l'année dernière, MFM a été la radio la plus féminine devant Chérie FM. Donc nous avons voulu renforcer ce côté là, car comme nous avons une petite audience, commercialement pour être plus efficace, il faut être sur une niche, comme ça s'appelle. Notre cible est donc féminine.
Je crois qu'aujourd'hui l'un des vrais problèmes de MFM, c'est son réseau. Quand on regarde la carte des fréquences, on s'aperçoit qu'il y a énormément de trous. Des régions comme Lille, Montpellier, Toulouse, Strasbourg et bien d'autres ne reçoivent pas MFM. Il y a beaucoup de villes où MFM est mal reçu. C'est le cas à Marseille et Lyon, par exemple. A Paris aussi, on a un petit émetteur. C'est vrai qu'aujourd'hui la progression de MFM passe par beaucoup plus de fréquences. Dans certaines régions on fait 9 voire 10 points d'audience. Si aujourd'hui, on avait un réseau tel que celui de Nostalgie, on ferait sans problème, 6 ou 7 points. Nous couvrons à peine 20 millions d'auditeurs, et encore nous les couvrons pas tous dans de bonnes conditions. Il faut savoir qu'un réseau comme celui de Chérie FM couvre 32 ou 33 millions d'auditeurs. On en est vraiment très loin.
Pour Voltage, nous avons eu un passage à vide au mois de janvier 2002 que nous avons vite rectifié. Aujourd'hui la radio remonte et je crois que l'on sera vite à 4 points cette saison.
Comfm Pro: On se rappelle lors de votre association avec Gérard Louvin, il était question de faire de LV & Co le 4e groupe média. Or on lit ci-et-là que LV & Co a été approché par le groupe Lagardère. Qu'en est t-il ?
J M: Notre groupe a été approché par plusieurs groupes de communication : Lagardère et autres. Plusieurs groupes sont venus, ont fait des propositions. Nous avons refusé certaines. C'est un jeu, qui je crois est un jeu normal. Nous sommes avec Skyrock, les derniers groupes de communications indépendants, c'est donc normal que les grands groupes s'intéressent à nous. Nous les rencontrons, discutons avec eux.
Ils nous font des propositions, nous les acceptons ou nous les refusons. Pour l'instant nous n'avons rien acceptez. En tout cas, à ce jour [02 septembre 2002, NDLR] le groupe n'est pas vendu et vous ne nous avez jamais entendu dire que le groupe était à vendre. Simplement, vous savez, c'est comme une belle jeune fille qui passe dans la rue. Quand il y a de beaux garçons qui viennent la voir et la draguent...elle pense au mariage (sourire).
Comfm Pro: Aujourd'hui vous animez depuis le 26 août 2002, une émission de 12h à 14h sur l'antenne de RMC Info, la radio d'un camarade de l'époque NRJ. Pourquoi ?
J M: Je crois que quand Alain Weill est venu me chercher, il avait deux objectifs. Le premier était de recréer ce qu'il appelle la " Génération FM ". Je crois que je suis un pur produit de la " Génération FM ", parce que j'ai commencé ce métier là en FM quand j'avais 18 ans à Marseille. C'est vrai que c'est un ton, un style différent qui casse avec ce que font les périphériques aujourd'hui, que sont RTL et Europe 1 qui sont dans un moule un peu ancien.
Si vous avez eu l'occasion d'écouter le 12/14 que je fais sur RMC Info, c'est très dynamique, très " pêchu ", il y a une ambiance, une convivialité avec le réalisateur, la chroniqueuse...c'est vraiment un esprit d'équipe. C'est quelque chose de nouveau. Je peux dire qu'on le voit sur les gens qui interviennent à l'antenne, leur moyenne d'âge va entre 18 et 30 ans. Je crois qu'aujourd'hui, il faut casser la barrière et cesser de dire que les jeunes ne vont que sur les radios FM et les adultes sur les périphériques. Alain Weill a une stratégie très intéressante qui est de dire : " il faut apprendre aux jeunes à venir sur les périphériques et pour tous ceux qui sont trentenaires, qui ont été élevé avec les périphériques, il faut recréer en périphérique le ton FM. ". Je crois que c'est vraiment pour cela qu'il m'a fait venir outre le fait qu'on se connaissait, c'est vrai depuis NRJ. Il savait comment je travaillais et devait y trouver quelque intérêt et qualité.
Comfm Pro: Est-ce qu'Alain Weill a d'autres projets pour vous ?
J M: Ca, je pense que c'est à lui qu'il faut le demander. Aujourd'hui la seule chose sur laquelle on s'est mis d'accord, c'est 2 heures d'antenne par jour sur RMC Info. De toute façon, je n'ai pas le temps de faire plus, puisque je suis encore en fonction au sein du groupe LV & Co chargé de l'antenne, de l'information du marketing, de la promotion... Donc ça prend un peu de temps !
Comfm Pro: Est-ce l'une des seules propositions que vous ayez eu en ce sens à part RMC Info ?
J M: J'ai également été approché en télé [il n'a pas souhaité révélé le nom, NDLR] pour faire de la télé-réalité, avant l'été, mais je n'ai pas donné suite parce que le projet ne correspondait pas à ce que je voulais faire. Aujourd'hui je m'oriente plus vers de l'interview, ce qui était la base de mon métier, le journalisme, puisque pendant 5 ans je faisais du reportage sur la Cinq. RMC Info m'a vraiment donner cette opportunité, celle de casser la langue de bois, de faire de vraies interviews, sans tomber dans le carcan télévisuel qui est un peu trop strict.
Comfm Pro: Vous revoilà donc dans la peau d'un animateur radio, est-ce que de tous les métiers que vous exercez c'est celui que vous aimez le plus ?
J M: J'ai envie de dire qu'il y a plusieurs étapes. Ce que j'adore par dessus tout, c'est le direct. Aujourd'hui c'est la radio qui offre le plus de légèreté et le plus de facilité pour faire des directs, pour casser une émission s'il se passe un gros événement. Deux heures de direct, sur RMC Info, comme je le fais, c'est vraiment une chance incroyable qui n'existe pas en télévision.
Si vous me dîtes que demain on me propose une émission de télé dans laquelle je suis libre de faire le même type d'interviews avec la même liberté de ton et en direct, là je vous dirai que ça m'intéresse autant.
Comfm Pro: Est-ce que vous regrettez l'époque TF1 où vous étiez l'animateur le plus regardé de France ?
J M: Non c'est une époque que je ne regrette pas. Je crois qu'il ne faut pas avoir de regrets par rapport à ça. C'était une vie différente avec une surexposition médiatique. Aujourd'hui je vie d'autres choses plus dans l'ombre, c'est moi qui ait choisi l'ombre en partant de TF1. Je reviens un peu dans la lumière mais j'avais besoin d'une période de tranquillité.
Comfm Pro: Aujourd'hui la télévision a beaucoup changé. La télé-réalité a fait son apparition dans le PAF. Cependant certains voyaient déjà en " Tout est possible ", l'émission que vous animiez une forme de télé-réalité...
J M: Notre objectif n'était quand même pas de prendre des inconnus pour en faire des vedettes. J'ai un peu l'impression qu'aujourd'hui, c'est un peu ça la télé-réalité. Nous, nous étions plutôt dans la ligne d 'émissions comme " Psy-show " qui était à l'époque sur Antenne 2. On parlait de la vie quotidienne des gens sans les stariser. C'est ça la vraie différence avec la real-tv aujourd'hui !
Comfm Pro: En vous associant avec Gérard Louvin, on aurait pu s'attendre à un retour sur TF1...
J M: Oui tout à fait, on aurait pu croire, mais je ne cherche pas à aller en télé à tout prix. J'ai voulu prendre du recul pendant plusieurs années, donc aujourd'hui je n'irai vraiment que dans une émission qui me plaît et surtout une émission dont je contrôle le côté éditorial. A l'époque de " Tout est possible ", j'étais la vitrine de l'émission et je ne contrôlais pas ce qu'on mettait dans la vitrine. Aujourd'hui c'est terminé. Sur RMC Info, Alain Weill l'a très bien compris, j'ai voulu la rédaction en chef de cette tranche, pour pouvoir à la fois contrôler le contenu, les invités, le ton et l'habillage. C'est vrai que je demanderai aujourd'hui la même chose en télé.
Propos recueillis par Willy Bracciano
ComfmPro (redaction.comfmpro_at_comfmpro.com) pour RadioActu
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