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La situation du numérique en France et à l'étranger était au cours de la conférence qui s'est déroulée ce mardi 3 février. Elle réunissait notamment Roland Faure, Annika Nyberg, Marc Pallain ou encore Philippe Levrier.
En cette journée consacrée au numérique, Roland Faure, fondateur de Radio France et Président de cette journée, a ouvert le débat sur la radio numérique en France et à l'étranger. "Lorsque j'étais membre du CSA, nous avions créé un club de radio numérique en 1991. Puis on a bâti une stratégie, une tactique, avec les premiers colloques en 92 à Strasbourg puis à Berlin. On nous avait dit qu'il n'y aurait jamais de récepteurs numériques et aujourd'hui on est sur le point de faire entrer le numérique dans un cadre juridique, lorsque le parlement aura voté la loi qui a été préparée." Roland Faure se félicite de la volonté d'avancer : "cela est très positif et réjouissant de voir qu'il y a de la motivation. La radio est un média extraordinaire de par son instantanéité. J'ai lancé RDS et fréquence synchrone, puis au CSA le club DAB et le numérique. L'idée de créer l'EuroDAB à Strasbourg a finalement été repris et aujourd'hui il y a un World DAB."
Ce World DAB était représentée par Annika Nyberg, Présidente du Comité WorldDAB. Cette dernière fait remarquer que "tous les pays européens ont adhéré au numérique, mis à part l'Irlande. En juin 2002, il y avait 19 produits DMB (Digital Multimedia Broadcasting), en décembre 2004, on est passé à 72 produits. La migration est facile pour un analogue FM et le DAB/DMB est de loin le plus intéressant en terme économique." La présidente du WorldDAB ajoute que "le numérique permettra de toucher davantage le jeune public, d'étendre le marché, d'augmenter les choix et d'ajouteur une nouvelle valeur." Pour sa part, Marc Pallain, Vice-Président du Directoire de NRJ estime que "le marché étant très riche, les acteurs publics et privés doivent connectés sur la marche en avant de la numérisation. Nous avons été les premiers à tester, dans le cadre d'une loi expérimental, le système numérique."
Mais contrairement à Annika Nyberg, Marc Pallain pense que "le DAB n'est pas la meilleure norme pour lancer le numérique en France. La norme universelle DVBT, nous parait en revanche très intéressante. Le KPSK permet une réception du numérique en mobilité comme la FM. C'est une chance de pouvoir prendre notre temps, en raison de notre retard, pour trouver la meilleure technologie possible." De son côté, Philippe Gault, Président du SIRTI (Syndicat Interprofessionnel des Radios et Télévisions Indépendantes), estime que "le numérique doit prendre en compte le paysage radiophonique qui est très diversifié". Selon lui "un certain nombre de radios thématiques pourraient se développer sur la bande numérique, alors qu'elles ne peuvent pas le faire sur la bande FM."
La radio numérique n'est pas une nouveauté, c'est ce qu'explique Cécile Dubarry, sous-directrice du service Développement et société de l'information du gouvernement. Selon cette dernière "le CSA a déjà autorisé, en partenariat avec le ministre de la Culture et de la Communication, des radios numériques de service DAB à Paris, Lyon, Marseille. Un groupe de travail avec le CSA a été créé, il concerne l'ensemble des opérateurs." Cécile Dubarry a répondu clairement à la question "le numérique, mais pour quoi faire ?" en indiquant que "le numérique permettra une migration de l'analogique vers le
numérique, une extension des zones de couverture, un enrichissement de l'offre par des données associées, une convergence entre les services sonores et multimédias et une convergence entre les réseaux et la disparition de réseaux dédiés à la radiodiffusion sonore. Il y a plusieurs fréquences utilisées; DAB, DRM, IBOC, DVB-T, "European Satellite Digital" et aussi un multiplexage, qui veut qu'il y ait une possibilité de diffuser sur une même fréquence plusieurs services numériques. Certaines bandes de fréquences sur lesquelles ces technologies vont être déployées, sont déjà occupées par des services analogiques tandis que d'autres sont vierges. Pour cette multiplexeté, le choix est fait en fonction de la rareté de la fréquence. Le CSA peut aussi autoriser le Simulcast en mode numérique d'un service analogique sur une même ressource radioélectronique, hors appel aux candidatures."
Enfin, pour Philippe Lévrier, membre du CSA "La France est en retard mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Il faut trois bons éléments: une loi, une technologie et un marché, qui doivent être synchronisés. Nous sommes certes en retard sur le DAB, mais pas sur l'offre FM, ceux qui veulent investir doivent pouvoir investir." Par ailleurs, Hugues Salord pour Worldspace, a présenté 3 systèmes : "le système XM, lancé il y a un an et demi, regroupent 1,3 millions de personnes aux Etats-Unis, le système Sirius qui prévoit 900 000 abonnés en 2004 et le système XM Skyfi qui envisage des bouquets de radiocomme en télé, qui regrouperaient 40 à 50 programmes par jour. Un satellite couvrira l'Europe avec un émetteur terrestre au sol, il en faudrait 120 en France."
Benjamin Dubois (benjamin.dubois_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/24722/le-radio-le-numerique-en-france-et-a-l-etranger/
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