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Après l'importante grève des journalistes qui a secoué Radio France, Jean-Marie Cavada a été auditionné par la Commission des Affaires Culturelles du Sénat le 25 février dernier. Il a longuement évoqué la situation financière et les perspectives de Radio France.
Cette audience a eu lieu à la demande de Jean-Marie Cavada, PDG de Radio France. Ce dernier était accompagné de François Desnoyers, directeur général délégué à la stratégie et au développement, Claude Norek, directeur général délégué à la gestion et à la production, et de Didier Tourancheau, directeur général adjoint, chargé du développement social et des ressources humaines. Selon Jean-Marie Cavada, la bonne situation financière de Radio France et la progression de ses ressources ont permis de mener de grands projets, "tels que la transformation de cette ancienne administration radiophonique en une véritable entreprise, le lancement d'une politique ambitieuse de numérisation et de modernisation technologique des antennes, la mise en oeuvre de réformes sociales dans le cadre de la convention collective commune aux différentes entreprises de l'audiovisuel public, le respect d'une ligne éditoriale de qualité et le développement du réseau de proximité France Bleu".
Rappelant que les programmes des stations de Radio France sont écoutés quotidiennement par près de 15 millions d'auditeurs, Jean-Marie Cavada est également revenu sur le conflit social des journalistes qui a paralaysé les rédactions en février dernier. Il a estimé que ce mouvement de grève "s'était progressivement transformé en conflit systémique, justifié par l'inquiétude des journalistes quant au devenir du service public radiophonique dans notre pays". Selon le PDG de Radio France, "depuis décembre 2001, plus aucun mécanisme ne permettait de réduire les disparités de salaires entre les journalistes des différentes sociétés nationales de programmes". Il a également indiqué qu'il avait averti la tutelle des difficultés sociales qu'une telle situation pouvait engendrer. Jean-Marie Cavada a par ailleurs pointé du doigt les insuffisances budgétaires de Radio France, malgré une hausse du budget de 2.9% prévue pour 2004. Il estime que ce budget est insuffisant pour financer la mise en sécurité de la tour centrale de la maison de la Radio, le déménagement provisoire de France Inter dans de nouveaux locaux et l'achèvement du processus de numérisation des différentes antennes.
Indiquant que les journalistes de Radio France avaient bénéficié d'une augmentation moyenne de 4% par an au cours des 5 dernières années, Jean-Marie Cavada a regretté que ces derniers se soient néanmoins lancés dans un mouvement social. "Cette grève aurait pu s'achever plus rapidement si on n'avait pas laissé croire aux organisations syndicales que la direction disposait de marges de manoeuvre financières suffisantes pour régler le conflit", a t'il expliqué. Direction et syndicats ont convenu de la mise en place d'un mécanisme portant sur les années 2005 à 2007 permettant une progression salariale annuelle négociée. Jean-Marie Cavada a critiqué la position de Jean-Jacques Aillagon, Ministre de la Culture et de la Communication qui, en s'opposant à ce système, "a rouvert la porte à de supposées marges de manoeuvre en 2004, alimentant ainsi les fantasmes des syndicats sur l'existence d'éventuels fonds non utilisés". Il a également fustigé "les prises de position intempestives de certaines administrations".
D'autre part, Jean-Marie Cavada a estimé que Radio France souffrait d'un sous-financement chronique, et a expliqué qu'en 2002 les radios de la BBC disposaient de 240 millions de plus que Radio France. Selon Jean-Marie Cavada, il y a "un décalage entre ce sous-financement et les résultats obtenus par le groupe Radio France". Il s'est également dit favorable à l'ouverture d'une réflexion au niveau européen sur les notions de service public et d'entreprises radiophoniques. Enfin, répondant à une série de questions de Jacques Valade, président de la Commission des Affaires Culurelles du Sénat et des membres de la Commission, Jean-Marie Cavada estime que certaines administrations devraient cesser de gérer les sociétés commerciales de droit privé que sont désormais les sociétés nationales de programmes "en se mêlant de tout et qu'elles s'abstiennent de s'ingérer dans les affaires intérieures de chacune d'entre elles, souvent au mépris de la direction". Enfin, répondant à une question sur l'augmentation des messages publicitaires sur les stations publiques, Jean-Marie Cavada a indiqué les ressources propres représentent 7% des recettes de Radio France. Il a précisé que Radio France a décidé de ne pas augmenter le volume de publicité, "mais la réduction de ce dernier est, à l'heure actuelle, inenvisageable en ce qu'elle aboutirait à une diminution de recettes dont l'entreprise a besoin".
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/25296/radio-france-jean-marie-cavada-auditionne-par-le-senat/
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