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Les Rencontres de l'Adisq en mars dernier à Montréal. Au banc des accusés : Les radios musicales. L'accusateur : L'industrie du disque et du spectacle québécois appuyée par les représentants des producteurs indépendants français.
L'accusation : Manque de diversité musicale par la radio, un média qui vit dans une tour d'ivoire !
L'offensive sur la diversité est basée sur des faits réels, celle de la tour d'ivoire n'est que le signe qu'un membre isolé des accusateurs a épuisé son héritage d'élégance intellectuelle, n'y revenons plus!
Hervé Rony, sympathique directeur général de la SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique en France) a, quant à lui, illustré le manque de diversité musicale par le fait que 2% des nouveautés occupent 70% de la surface des nouveautés diffusées sur les radios musicales en France. Cette donnée est imparable. Il a également eu la gentillesse (puisque la radio française n'était pas représentée à ce procès) de signaler que les dernières modifications des quotas en France en matière de diffusion des nouveautés et de la musique francophone, quoique imparfaites, avaient ramené le calme entre la radio et l'industrie du disque.
Au Québec, on note sensiblement les mêmes proportions dans la quantité de nouveautés en rotation sur les radios musicales. La différence est qu'une augmentation des quotas de la musique francophone actuellement à 65% est difficile à envisager. Hors, un ré-examen des quotas est à prévoir d'ici un an par le CRTC (équivaut au CSA en France). Que se passera-t-il?
Aucune solution n'a été mise de l'avant lors de cette rencontre, disons-le. Que ce soit en France ou au Québec, le problème de la diversité musicale dans les radios existe vraiment. La radio est écoutée en moyenne 2 heures par jour par ses auditeurs, alors les radios diffusent ce qu'elles jugent de meilleur, un certain nombre de fois, afin que lesdits auditeurs l'entendent au moins une fois au cours d'une journée. C'est malheureusement la seule logique éprouvée pour payer les employés à la fin du mois. Mais la radio n'est pas seule dans ce cas. Lorsqu'une major de disques doit réduire le nombre d'artistes signés par mesure économique, elle fait le même choix. Lorsqu'un magasin de disques se limite aux meilleurs vendeurs en vitrine, il fait le même choix. C'est affreusement commercial, je le sais et il s'agit d'un produit culturel, je le sais aussi. Mais lorsque le galeriste choisit les meilleurs peintres pour ses expositions ou le libraire les meilleurs livres pour ses étalages ou encore lorsque les salles de cinéma choisissent les meilleurs films, au fond, tous ces acteurs de la chaîne des produits culturels ne commettent-ils pas le même geste que les radios musicales?
Combien d'auteurs, de compositeurs et d'interprètes sont-ils ignorés ou délaissés par les producteurs de disques. Combien d'acteurs, de réalisateurs, de peintres et d'écrivains sont-ils rejetés par des décideurs pourtant de bonne volonté?
Il y a environ 25,000 radios sur notre planète et elles ne diffusent que 2% de la musique produite à l'échelle mondiale. Il n'y a pas beaucoup d'options pour les pousser à augmenter ce chiffre. L'obligation par une augmentation du minimum de nouveautés diffusées, l'ingérence dans le choix éditorial des radios par les producteurs de disques ou la création de méthodes d'encouragements qui incitent vraiment, chacun dans sa logique industrielle, à contribuer au développement des nouveaux talents dans toutes les sphères de la culture.
Guy Banville (guy.banville_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/26069/radio-ville-diversite-musicale-a-la-radio/
Guy Banville pour RadioActu
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