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Alors que Le Mouv' vient de franchir le point d'audience national, Frédéric Schlesinger, directeur de la station, fait le point sur les objectifs et les missions du réseau rock de Radio France. Il s'est également exprimé sur le développement de la couverture du Mouv' et l'entrée de Jessyca dans Les Colocataires.
RadioActu : Le Mouv' enregistre son premier point d'audience national. Quel est votre premier sentiment ?
Frédéric Schlesinger : Je suis extrêmement satisfait pour cette équipe qui est très méritante et pleine de talent, et satisfait du contexte dans lequel ça se fait, puisque nous avons vécu un déménagement, un transfert technologique. On ne s'y attendait pas. Je suis aussi satisfait du fait que ça se fasse à côté de tout le travail que l'on fait pour les nouveaux talents français. Il n'y a eu absolument aucune concession de programme, il y a même eu des prises de risques. C'est aussi dans ce contexte que nous avons donné sa chance à une jeune animatrice qui s'appelle Emilie depuis janvier 2004. Nous constatons qu'il y a une prime au talent. L'équipe est aux anges.
RA : Est ce que ces résultats sont aussi une réponse aux détracteurs du Mouv' qui se sont interrogés sur la légitimité d'une offre jeune au sein de Radio France ?
F.S. : C'est quelque chose qui me préoccupe fort peu. J'ai été moi même à la tête de ces détracteurs, donc je sais ce qui pilotait nos actions : c'était tout simplement la crainte d'une nouvelle concurrence.
RA : Vous disiez que vous n'avez pas fait de concession sur les programmes, mais il y a quand même eu une ouverture de la programmation du Mouv' sur des artistes plus grand public...
F.S. : Tout le monde a remarqué que nous avons joué pendant 15 jours Madonna ou Eminen. L'esprit rock c'est plus large que l'étroite niche rock. Quand on joue Zebda ou Les Motivés, on sort du pur son rock. Il y a 2 ou 3 exemples sur lesquels ont tenté de s'ancrer quelques détracteurs potentiels, mais à côté de ça, il y a notre journal d'information de 13h à 13h30, Le Buzz, et nous offrons 30 minutes d'informations sur un réseau jeune. Notre structure d'auditoire rajeunit. Nous sommes clairement une radio pour les moins de 25 ans. Tout le boulot que nous faisons sur les artistes indépendants avec le French Bazar va se développer encore dans les mois qui viennent. Nous recevons 70 maquettes par jour d'artistes auto-produits, ça fait 3 000 par an et nous répondons à tout le monde. Ce qui est intéressant, c'est qu'arriver à rencontrer un public dans le respect de la pureté de ce format, c'est merveilleux. L'audience n'est pas une fin en soit pour nous.
RA : Radio France déplore la faiblesse de la couverture du Mouv'. Est ce que vos résultats d'audience vont vous donner voix au chapitre pour réclamer de nouvelles fréquences ?
F.S. : Il y a une réflexion nationale qui est engagée sur la replanification d'un grand nombre de fréquences à l'horizon 2006-2007. Il est très clair que la prégnance du Mouv' sur le marché et l'attractivité de son offre qui est originale et totalement alternative, qui joue sur d'autres ressorts que les offres existantes, c'est quelque chose qui doit préoccupper les politiques, bien au-delà de Radio France. A un moment donné, est-ce qu'on estime que cette radio doit être entendue pour le moins dans toutes les villes étudiantes de France ? Moi je réponds cent fois oui !
RA : Le Mouv' existe depuis 7 ans, il semble étonnant que cette station n'ait que 17 fréquences pour une station qui a vocation à être nationale. Comment peut on l'expliquer ?
F.S. : Parce que la décision de développer et de pérenniser Le Mouv' est récente. Il y a eu beaucoup d'atermoiements au début et les présidents successifs de Radio France n'ont pas tous eu le même regard sur Le Mouv'. Aujourd'hui, c'est la naissance officielle du Mouv', car le thermomètre c'est Médiamétrie et nous apparaissons officiellement. C'est très prometteur et je pense que les débats sur la pérennité du Mouv' n'exiteront plus. C'est un chapitre qui se ferme. Et puis 7 ans c'est tout jeune, la fréquence à Paris n'a que deux ans. C'est un réseau qui va se développer parce que c'est le renouveau et la relève au sein de Radio France.
RA : Vous êtes favorable à un développement des décrochages locaux, en particulier sur Paris. Ce projet est-il toujours d'actualité ?
F.S. : Oui absolument. En septembre 2004, il y aura une grande tranche de programme produite à Paris. Ce ne sera pas seulement un programme local, mais aussi la possibilité de prendre l'antenne nationale. Mais Le Mouv' reste plus que jamais à Toulouse. Nous venons de déménager et la question ne se pose pas. Rester à Toulouse, c'est une alternative, une différence, et je trouve que ce soleil s'entend dans le poste. Ca donne une radio plus spontanée et plus naïve. Bien évidemment, nous allons ouvrir un décrochage à Paris, car cela représente plus de la moitié de la population que nous touchons. Il faut qu'on produise un effort car notre marge de développement de l'audience est à Paris. Nos audiences locales sont très réjouissantes avec des progressions à deux chiffres. Le Mouv' fédère. Dans les réseaux que j'ai géré, j'ai toujours vu des difficultés dans certaines régions. Mais là, Le Mouv' fédère, tout simplement.
RA : De manière plus anecdotique, on a vu arriver Jessyca, une animatrice du Mouv' dans l'émission de télé-réalité "Les Colocataires". C'est une décision concertée avec elle ?
F.S. : Nous n'avons pas demandé à Jessyca d'aller dans Les Colocataires. Mais elle a toujours fait du super boulot sur l'antenne du Mouv' et elle a eu envie de vivre cette aventure et elle a pris un congé sans solde. Nous n'avons pas à la juger. Nous sommes une radio plurielle et d'acceptation, d'ouverture. Le Mouv' ressemble aux jeunes et nous leur ressemblons. Je ne vous dis pas que cette émission est l'ultime degré de la qualité en télévision, mais c'est un phénomène sur les jeunes et nous sommes là pour accepter ça. Nous ne sommes pas fiers de la présence de Jessyca dans cette émission, mais nous n'en avons pas honte. D'ailleurs, lundi prochain Mathieu Culleron dira ce qu'il pense de la télé réalité et de Jessyca. D'ailleurs, elle a resigné son contrat pour l'année prochaine sur le 10h-13h parce qu'elle fait du bon boulot.
RA : Vous êtes issu de la radio privée. Comment avez vous vécu votre arrivée à Radio France ?
F.S. : D'abord j'en avais envie et c'était mon choix. Je peux vous dire qu'après six mois, je n'ai senti aucune difficulté d'adaptation. C'est une autre façon de faire de la radio. La finalité n'est plus l'audience ni le chiffre d'affaires, c'est la satisfaction du public et de l'équipe qui fait la radio. Nous avons une mission et je trouve que culturellement on l'assume bien. Les objectifs sont différents, c'est pour ça que je voulais vivre cette expérience et j'ai l'impression de servir à quelques chose. C'est passionnant de travailler avec l'équipe du Mouv' car il y a des talents vraiment incroyables.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
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