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Alain Weill a qualifié de "satisfaisants" les derniers résultats d'audience de RMC. Dans un entretien accordé à RadioActu et ComfmPro, il s'est également exprimé sur le démarrage de l'AM et a sévèrement critiqué les dernières prises de positions du SIRTI et du GIE Les Indépendants.
RadioActu : De façon générale, quel est votre sentiment concernant les derniers résultats d'audience de RMC ?
Alain Weill : Nous sommes satisfaits car c'est la 11ème vague successive à la hausse. Nous continuons notre marche avec des éléments particulièrement positifs car on continue à rajeunir notre audience. Nous passons là un seuil car plus de la moitié de nos auditeurs ont moins de 50 ans ce qui est totalement atypique par rapport aux habitudes par les radios généralistes ces dernières années. Elles avaient tendance à vieillir, ce qui est le cas pour nos principaux concurrents. Nous recrutons des actifs : sur les 25-49 ans nous sommes très bons, grâce au sport et aux émissions talk qui sont plus particulièrement destinées à un public masculin. Cette stratégie fonctionne bien. En structure d'audience, nous avons aussi plus d'actifs ce qui représente de bons résultats sur le plan commercial. Nous montons beaucoup sur les cibles commerciales. Notre but est atteint et nous devons continuer à progresser, lentement mais sûrement.
RA : Dans le détail, quelle sont les émissions qui ont bien fonctionné ?
A.W. : A midi, Christian Spitz progresse fortement par rapport à l'année dernière. C'est une satisfaction car ce n'était pas évident avec les changements de grille qu'il y a eu sur cette tranche là. Evelyne Thomas est également en progression, ainsi que Brigitte Lahaye l'après-midi qui bat ses records. C'est globalement très satisfaisant.
RA : Pensez-vous atteindre les objectifs d'audience que vous vous êtes fixés ?
A.W. : Ca reste tout à fait possible. D'une vague à l'autre, l'analyse n'a pas beaucoup d'intérêt, sauf si la variation est très forte, et encore. Il reste un taux d'incertitude dans les résultats Médiamétrie qui est important. Il faut vraiment regarder les tendances et souvent certains tirent des conclusions un peu hâtives. Si on prend l'exemple de NRJ, je pense qu'il y a une vraie tendance pour qu'une musicale s'installe à la première place, on le voit dans d'autres pays. Ca se fait par à-coups. De ce point de vue là, RMC va dans le bon sens. Avec 11 vagues d'affilée en progression d'une année sur l'autre pour RMC, c'est significatif. Si on regarde l'historique de toutes les radios, il y a toujours des hauts et des bas. Je m'attends toujours à ce qu'à un moment il y ait une vague moins bonne que l'année précédente. Le fait que nous n'ayons pas eu ce creux d'audience, c'est satisfaisant.
RA : En marge des résultats d'audience, où en est RMC pour la mise en service de ses émetteurs ondes moyennes ?
A.W. : Nous allons démarrer cet été, probablement en numérique car la loi qui vient d'être votée va le permettre. C'est une loi qui nous satisfait car elle va également permettre à RMC de relancer les décrochages locaux et de reprendre ce que nous avions commencé en Ile-de-France avec le PSG et d'avoir accès au marché publicitaire local pour financer ces programmes locaux. Les programmes locaux sont pour nous une façon d'améliorer la qualité de nos programmes, de nous différencier et de faire monter l'audience. C'est, à moyen terme, une très bonne nouvelle. Ensuite, cela va nous permettre de démarrer l'AM en numérique. Nous allons mener des expériences avec TDF pour être dès le départ à la fois en analogique et à la fois en numérique.
RA : Les nouvelles dispositions de la loi sur l'audiovisuel prennent le contre-pied du CSA qui vous avait demander de cesser vos décrochages locaux sur votre émetteur parisien...
A.W. : De bonne foi, nous pensions que nous pouvions le faire à Paris. L'agglomération parisienne représente plus de 6 millions d'habitants et on parle de programme local et de publicité locale sur des marchés inférieurs à 6 millions d'habitants. Le CSA a une autre interprétation, mais sachant que la loi allait être discutée, je n'ai pas voulu rentrer dans un litige avec le CSA qui m'a demandé d'être un peu patient. Il n'y avait pas d'opposition sur le fond mais le CSA nous a demandé de faire les choses dans les règles, ce que nous pensions faire.
RA : Que pensez-vous de la position du SIRTI par rapport à cette loi, et en particulier par rapport à l'article 68 ?
A.W. : Je pense que le SIRTI est d'une grande mauvaise foi. Il manipule l'opinion parce que d'abord aujourd'hui le GIE Les Indépendants, en chiffre d'affaires, selon SECODIP est l'un des tous premier réseau national. Donc faire croire qu'ils ne sont que sur les marchés locaux et que si jamais il devaient partager le marché publicitaire local avec d'autres, leur avenir serait en péril, c'est d'une grande mauvaise foi quand on est devenu un des plus grands acteurs du marché national. En chiffre d'affaires et en parts de marché nationales, Les Indépendants sont devant Fun, Skyrock, RMC, RTL2 ou RFM et ils sont très proches d'Europe 1. C'est vraiment de la manipulation que de faire croire qu'ils sont un petit acteur fragile sur le marché local alors qu'ils sont en train de s'ériger en un réseau national puissant et soutenu par des groupes financiers plus ou moins connus.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/26359/rmc-entretien-avec-alain-weill/
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