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16/04/2004

NRJ - Entretien avec Max Guazzini

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C'est la dernière fois que Max Guazzini commente les résultats d'audience de NRJ. Dans un entretien accordé à RadioActu et ComfmPro, il est longuement revenu sur la première place d'NRJ, et a évoqué ses sentiments, quelques jours après l'annonce de son départ. Max Guazzini s'est également exprimé sur la question de la diversité musicale.

Max GuazziniRadioActu : NRJ retrouve sa position de première radio de France. C'est évidemment une grande satisfaction pour vous au moment où vous avez décidé de passer la main ?
Max Guazzini : Effectivement, même si ça n'a aucun rapport avec ma décision d'arrêter NRJ, ça me fait particulièrement plaisir que sur ce sondage on puisse annoncer que nous sommes premiers. Ce sondage a une saveur particulière pour moi. Mais je ne suis pas parti en fonction des sondages. J'ai pris ma décision au mois de janvier. A un point près, on a gagné. En sport, on retient celui qui est premier et celui qui est deuxième. RTL a eu la chance d'avoir la grève à Radio France pendant 15 jours. Je pensais que ça allait gonfler leur audience, mais du tout. Ils sont derrière nous ! Mais c'est une bonne radio, il y a des animateurs de talent. J'ai toujours pensé qu'il y a de la place pour tout le monde.

RA : L'audience de la radio en général et de la radio musicale en particulier est en recul. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
M.G. : Il y a en effet deux points de moins, et seuls les programmes locaux ont progressé en une année. Il y a un an, NRJ était à 13.3%, mais paradoxalement, notre part d'audience n'a pas subi de recul aussi important. Pour la radio en général, ça va être de plus en plus difficile. Mais nous n'allons pas nous plaindre quand on voit les bons scores de Chérie FM et de Nostalgie. Sur la période janvier-mars 2003, la radio a peut-être été surexposée. On ne peut pas contester qu'il y a eu une baisse de la radio depuis un an, mais je pense que c'est momentané.

NRJRA : Vous notiez la progression des programmes locaux. Ce sont des résultats qui vous renforcent dans la votre stratégie de présence locale ?
M.G. : Bien sûr ! Sur NRJ, nous faisons des programmes locaux. Le problème, c'est que c'est rageant de voir des radios qui font des programmes locaux qui sont bien souvent un copié-collé avec nos programmes musicaux. C'est un peu facile. Ce qui est dommage, c'est que beaucoup de radios de province clonent NRJ. Vous voyez bien que ce sont les programmes locaux qui ont progressé. Avec le nouveau système de Yacast, on peut nous plagier et ce n'est pas normal. Il faut que le CSA fasse en sorte que la diversité, et notamment la diversité musicale soit respectée. En play-list nouveautés, nous avons 40 titres, mais il y a des centaines de titres qui sortent. Si tout le monde se base sur nos choix - je ne parle pas des réseaux comme Skyrock qui a une programmation originale - mais quand on regarde Voltage à Paris qui avait sa personnalité musicale, maintenant c'est devenu un clone de NRJ. Ce n'est pas normal. Voltage n'a pas été autorisée pour être un clone de NRJ. Il y a d'autres radios comme ça en province. Il suffit de regarder le Médiacontrol, alors qu'il y aurait de la place pour d'autres artistes. D'autres radios pourraient le faire et je trouve que c'est dommage que des radios se calent comme ça sur NRJ. Mais mon temps n'est plus à la polémique et je veux dire simplement aux gens de prendre du plaisir en faisant de la radio.

RA : Les détracteurs des radios musicales critiquent leur manque de contenu ou leur aspect un peu aseptisé. Que leur répondez-vous ?
M.G. : Je crois que l'offre radiophonique en France est suffisamment large. Les gens qui se permettent des jugements de valeur sur les programmes des autres sont de petites gens. Faire un programme musical, c'est très difficile. Les choses qui paraissent les plus simples sont souvent les plus difficiles à faire. Inviter un homme politique et faire un débat, ce n'est pas compliqué, mais faire un programme musical cohérent avec l'enchaînement des titres, le choix des disques c'est beaucoup plus difficile.

RA : Certaines rumeurs font état de négociations avancées entre NRJ et Cauet pour la rentrée. Confirmez-vous cette information ?
M.G. : A la rentrée, je ne serais plus là. Ce n'est pas à moi de préparer la rentrée. Il ne faut pas que j'empêche les gens de s'exprimer. Ce serait inconvenant qu'il y ait une négociation avec moi et je ne suis au courant de rien.

Jean-Paul Baudecroux et l'équipe d'NRJ dans les années 80RA : Quel sentiment éprouvez-vous après 20 ans passés à la tête d'NRJ ?
M.G. : 22 ans, mais 20 ans à plein temps. J'ai écrit une longue lettre à tous mes collaborateurs pour exprimer mes sentiments. C'est un grand déchirement pour moi, mais c'est moi qui ait voulu ce déchirement. Honnêtement, j'ai été vraiment bouleversé par la réaction de tous ceux qui sont à NRJ quand ils ont appris mon départ. J'ai eu des témoignages des anciens d'NRJ, mais aussi des autres responsables de programmes de radio, d'Arthur, de Skyrock... Ca m'a fait vraiment plaisir car je ne savais pas que je comptais autant pour eux, ça m'a ébranlé. Les premiers soirs, je chialais le soir chez moi. Je n'ai pas honte de le dire. Je n'aurais jamais pensé que je comptais comme ça pour eux, et pas seulement avec des proches collaborateurs. Ca a été une belle leçon. NRJ est un groupe à visage humain et c'est important pour moi. En ce qui me concerne, j'ai toujours fonctionné autour d'aventures humaines. Il y a tellement de choses dans l'histoire d'NRJ.

Jean-Paul Baudecroux - (c) RadioActuRA : Il y a 20 ans, c'était inconcevable d'imaginer qu'une radio musicale devienne la 1ère radio de France. Comment expliquez-vous ce succès qui a transformé le paysage de la radio ?
M.G. : Au début, nous étions fous. Je me rappelle de la Rue du Télégraphe, il y avait cet enthousiasme. Jean-Paul Baudecroux avait une vision plus lointaine de ce que serait la FM. Moi j'étais plus dans le présent. Nous nous sommes imposés envers et contre tous car nous étions méprisés par les grands groupes qui maintenant ont racheté d'autres radios. C'est vrai que dépasser RTL qui était à l'époque à 20 points d'audience cumulée, c'est arrivé. A un moment, nous avons senti que c'était inéluctable. Je pensais pas que nous y arriverions aussi vite. RTL a énormément bien résisté. NRJ regarde vers les Etats-Unis, même si je ne suis pas américanophile, car il y a des lois de la radio qui sont connues aux Etats-Unis qui sont reconnues en Europe. Des radios de type généraliste n'ont pas l'avenir devant elles. Elles ne sont plus dans la même situation qu'avant la FM.

RA : Quelles relations allez-vous désormais entretenir avec le groupe NRJ ?
M.G. : Jean-Paul souhaite que je devienne vice-président du Conseil de Surveillance, mais ça va être difficile avec moi. NRJ compte toujours beaucoup car elle m'a marqué au fer rouge. Mais pas comme je l'ai lu dans Le Figaro. En aucun cas je n'entends gêner, je serai là si on me le demande. J'ai été très sensible à un détail : quand Jean-Paul Baudecroux a vu que je maintiendrai ma décision, il m'a dit : "Personne ne s'installera dans ton bureau. Personne ne l'aura". Ca m'a touché. Mais il ne faut pas revenir.

Nicolas Chagny (nicolas.chagny_at_radioactu.com) pour RadioActu

© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation

http://www.radioactu.com/actualites-radio/26408/nrj-entretien-avec-max-guazzini/

Nicolas Chagny pour RadioActu

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