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François Desnoyers a commenté pour RadioActu et ComfmPro les derniers résultats d'audience de Radio France. Le directeur général délégué à la stratégie et au développement s'est également inquiété de la baisse des généralistes et a évoqué le développement du Mouv'.
RadioActu : Ce qui est frappant, c'est que la grève des journalistes ne semble pas avoir affecté outre mesure les résultats de Radio France ?
François Desnoyers :C'est toujours difficile de comparer d'une vague à l'autre, et il ne faut pas oublier que dans cette période il y a eu une actualité très riche qui est de nature à créer une "gourmandise" en matière d'information de la part des auditeurs. Il est exact qu'il y a eu 17 jours de grève, mais qui impactent en réalité trois semaines d'antenne. C'est un accident de parcours important pour Radio France mais qui est lissé sur une période de trois mois. Ca veut dire que nous avons su retomber sur nos pieds. D'autre part, on ne peut pas regarder de la même façon la situation de France Inter et celle de France Info. Pour France Inter, dès lors que cette grève ne touche qu'une partie de l'offre, la station s'est retrouvée avec son fond de grille qui fonctionnait normalement. Il y a une très forte fidélité des auditeurs à ce programme. Je pense que l'impact de l'accident de parcours se ressent dans la durée d'écoute car l'offre était moins complète. France Info est dans une autre situation. Sa promesse est simple et elle s'est trouvée privée d'offrir son service. Les auditeurs sont allés trouver cette offre ailleurs. On aurait pu s'attendre à pire.
RA : Lorsque l'on regarde les résultats des stations généralistes, on ne retrouve pas les auditeurs qui sont partis de France Inter ou de France Info dans les résultats des autres stations. Est-ce que cela signifie que la radio généraliste s'inscrit dans un contexte de recul ?
F.D. : Je crois que la question qui nous est posée à nous tous, ce n'est pas le recul de l'audience de la radio qui reste toujours élevée. Ce qui est incontestable, c'est que la baisse de la durée d'écoute n'est pas strictement conjoncturelle. Il se passe quelque chose depuis environ deux ans. Les habitudes d'écoute ont changé. Les millions de gens qui prennent des RTT se lèvent plus tard, et donc il y impact sur la radio le matin. Ce sont des millions de comportements individuels qui, ajoutés les uns aux autres, font des minutes d'écoute en moins. Un autre élément intuitif, c'est qu'il y a des comportements de plus en plus nombreux de gens perméables aux nouvelles technologies qui vont aller chercher des news sur Internet et qui écoutent moins la radio. Nous sommes peut être là devant des modifications de comportement et ces nouveaux enjeux sont posés à l'ensemble des radiodiffuseurs, et pas seulement à Radio France. Sur le net, notre offre est importante et abondante et accessible de plus en plus rapidement. A Radio France, nous voyons l'autre face de ce comportement à travers une véritable explosion du trafic de nos sites. Au mois de mars, nous avons passé le cap de 3 millions de visites, soit un million de plus que l'année dernière.
RA : L'autre phénomène marquant, c'est le premier point d'audience national du Mouv'...
F.D. : Ca nous fait très plaisir et c'est très symbolique. Tout d'un coup, Le Mouv' apparaît dans le champ de vision en passant ce cap symbolique du 1% national qui est le seuil à partir duquel Médiamétrie donne publiquement les résultats. Ce qui est intéressant, c'est de noter que ce 1.1% est obtenu avec seulement 17 fréquences. Nous nous penchons depuis des années sur la question de la couverture et c'était l'un des aspects du Plan Bleu et de la redistribution de nos fréquences afin d'avoir un parc de villes plus importantes pour Le Mouv'. Nous sommes tributaires, comme tous nos compétiteurs, du CSA, de la question générale des fréquences. Nous considérons que Le Mouv' a fait la preuve de son utilité. Sa création par Michel Boyon en 1997 était une vraie bonne décision et Jean-Marie Cavada en a confirmé l'existence fin 1999. Les audiences du Mouv' atteignent jusqu'à 7% dans des villes comme Toulouse ou Angers. Contrairement à ce qui se disait à l'époque, l'offre du Mouv' n'a tué personne mais elle est venue enrichir l'offre radio. Mais nous sommes toujours absents de grandes métropoles régionales qui sont des capitales universitaires où il y a un public pour Le Mouv'. Nous continuons de dire que Le Mouv' a une vocation à être une radio nationale ou au minimum une très grosse multivilles.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/26458/radio-france-entretien-avec-francois-desnoyers/
Thibault Leroi pour RadioActu
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