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Ce mardi 1er juin, au cours d'une séance houleuse de questions au gouvernement, le député socialiste Arnaud Montebourg a évoqué la situation à Radio France. Le Ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a répondu au député. Retranscription intégrale du débat à lire sur RadioActu et ComfmPro.
Alors que Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, présentera le 14 juin prochain les nouveaux dirigeants de Radio France, la question de ces nominations a été évoquée à l'Assemblée Nationale par le député socialiste Arnaud Montebourg. Ce dernier a estimé que Jean-Paul Cluzel, "au profil politique taillé sur mesure vient de déclencher une série de démissions forcées, de licenciements très brutaux, toutes sortes de mesures s'apparentant et d'ailleurs interprétées comme telles par les salariés du service public, à du nettoyage politique". Le député, comparant ces mesures aux méthodes de "l'ORTF pompidolien" et évoquant les départs de Jean-Luc Hess, directeur de France Inter, et de Pierre Bouteiller, directeur de France Musiques, estime que le gouvernement "reprend en main les radios indépendantes du service public". Pour sa part, Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication, a rappelé que "la nomination des dirigeants de l'audiovisuel n'est pas une compétence du Président de la République ou du Premier Ministre ou du gouvernement" mais qu'il est désigné par le CSA. Il a également souligné que Jean-Paul Cluzel avait exercé ses fonctions à la tête de RFI "sans aucune contestation". Enfin, le Ministre a expliqué qu'il appartient à Jean-Paul Cluzel "d'exercer ses responsabilités dans le choix des directeurs de cette immense maison".
Arnaud Montebourg (s'adressant au Premier Ministre) : Des évènements d'une brutalité particulière se déroulent au sein du service public de Radio France depuis l'arrivée de son nouveau président. La situation est la suivante : votre ami personnel, Dominique Baudis, président du CSA, a fait nommer comme président de Radio France votre ami politique monsieur Jean-Paul Cluzel, lequel n'est autre d'ailleurs que le parrain de l'un des enfants de monsieur Juppé. Ce président, reconnaissez le, au profil politique taillé sur mesure, vient de déclencher, c'est là le plus grave, une série de démissions forcées, de licenciements très brutaux, toutes sortes de mesures s'apparentant et d'ailleurs interprétées comme telles par les salariés du service public, à du nettoyage politique. Pierre Bouteiller, Jean-Luc Hess, grands diriegants et créateurs qui ont réussi brillamment dans leurs fonctions ont été congédiés sans aucune raison, si ce n'est l'indépendance de leur esprit. Le boulerversement est général et la solidarité dans le service public est totale. On apprend depuis que le remplaçant de monsieur Bouteiller serait précisement le directeur de l'Opéra de Bordeaux, ville dont Alain Juppé est précisément le maire. Après la reprise en main de la Justice, voici la reprise en main des radios indépendantes du service public. Ce retour, monsieur le Premier Ministre aux méthodes grossières, liberticides, de l'ORTF pompidolien, serait-il par hasard le seul moyen que vous aurriez inventé pour retrouver je ne sais quelle grâce du corps électoral ? Expliquez-vous, Monsieur le Premier Minsitre. Cette affaire de démissions forcées est très grave. Expliquez-nous, Monsieur le Premier Ministre, comment vous allez garantir l'indépendance du service public, en demandant à Monsieur Cluzel de revenir sur des décisions gravement injustes.
Renaud Donnedieu de Vabres : Vous voulez ériger l'invective en beaux arts. Vous devriez aux soucis de la vérité savoir de temps en temps sacrifier un peu de votre orgueil. Le ton volontairement polémique et provocateur que vous utilisez travestit la réalité qui est simple. Alors je vais vous rappeler trois choses. Tout d'abord, les valeurs que nous défendons, la règle de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public et le rôle que le Ministre de la Culture et de la Communication entend assumer. Tout d'abord, pour l'ensemble du gouvernement de Jean-pierre Raffarin, dans tous les domaines de nos compétences, il y a deux valeurs qui sont les nôtres. Celle de la liberté et celle du respect du pluralisme, et nous n'acceptons pas, sur ces sujets, être remis en cause. Deuxièmement, vous devez à la vérité de nos concitoyens d'informer le fait que la nomination des dirigeants de l'audiovisuel n'est pas une compétence du Président de la République ou du Premier Ministre ou du gouvernement. Mais depuis la loi de 1986, c'est le CSA qui assume cette responsabilité. Il vient de choisir un nouveau président pour Radio France. Vous auriez peut être eu là aussi, dans le sens de la vérité, dû rappeler que depuis 1995 il était le président de Radio France Internationale et qu'il a exercé cette responsbailité sans aucune contestation. Qu'il a été élu dès le premier tour par le CSA. Alors s'il vous plait, il lui appartient maintenant d'exercer ses responsabilités dans le choix des directeurs de cette immense maison. En ce qui concerne la responsabilité qui est la mienne et que m'a confiée le Premier Ministre, je ne suis pas le Ministre de l'Information. Je suis le Ministre de la Culture et de la Communication et j'entends, avec les moyens que la représentation nationale votera, doter Radio France de tous les moyens nécessaires avec le seul souci des journalistes et des auditeurs.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
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Thibault Leroi pour RadioActu
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