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La radio qui parle peu et qui chante beaucoup, la radio qui parle beaucoup et qui chante peu ou pas. Où est la tendance ?
Tant que les radios musicales pourront (selon redevances) diffuser d'heureux mélanges musicaux que nous aimons savourer sans modération selon nos goûts et nos humeurs, tout ira bien pour elles. Le jour où les artistes et leurs éditeurs prendront le contrôle de la distribution musicale, la situation pourrait changer.
On a bien crû que l'Internet était cette nouvelle forme de distribution mais la vision traditionnelle des maisons de disques les a conduit à regarder naviguer des pirates et à leur mener des combats tardifs. Le plus étonnants c'est qu'ils ont eu raison par défaut. Combien de millions perdus ont englouti certains opérateurs parce ce qu'ils surestimaient le court terme de cette technologie ? En 2004, on clame travailler radio et on chuchote travailler Internet ! Mais la toile n'a pas dit son dernier mot !
Après une dizaine d'années, nous entrons dans le long terme Internet, la période que beaucoup sous-estiment. J'ai déjà évoqué la progression de l'écoute de la musique sur IPOD et autres systèmes du genre. L'érosion des radios musicales est difficile à prévoir et j'espère lointaine. Mais à ce point, comment évoluera-t-elle ? Et si la réponse était : En parlant !
Rien de neuf à l'émetteur me direz-vous ! C'est vrai, les radios généralistes parlent depuis très longtemps. On attribue le format Talk Radio à KMOX, 1120 AM, St-Louis Missouri, c'était en 1960. Cette démarche était tout simplement née en réaction avec la faible position de KMOX face au format Top 40 qui cartonnait dans cette ville. Maintenant, les généralistes ont l'air dépassées lorsqu'elles s'aventurent sur le terrain des radios musicales. L'affaire est réglée depuis belle lurette. Des thématiques parlent aussi et depuis quelque temps des radios musicales se transforment partiellement ou totalement en radios parlées. Ont-elles raison ? Oui, à mon humble avis !
Le futur de la radio ne peut pas passer par un Selector. Il n'y a que le contenu verbal qui puisse lui permettre de demeurer un grand média. D'ailleurs les radios musicales ne m'ont pas attendu pour passer à l'action. En France comme au Canada, on y parle beaucoup en matinale et à l'émission du retour, on parle de plus en plus le midi et en fin de soirée et ça marche !
À Montréal, 98,5 FM, une radio musicale qui est passée au format parlé vient de voir ses parts de marché doubler. Et puis, il y a la domination confirmée de la Première Chaîne de Radio-Canada, (radio publique) en matinale tant la semaine que le week-end. On n'y diffuse que des extraits musicaux de nouveautés en nous donnant vraiment envie de se les procurer.
Comment expliquer cette diminution de la surface musicale et l'augmentation du contenu verbal en radio ? Pourquoi y adhère-t-on ? Suite la semaine prochaine !
Guy Banville (guy.banville_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2004 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/33804/radio-ville-la-radio-qui-parle-premiere-partie/
Guy Banville pour RadioActu
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