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Dans un entretien accordé à RadioActu, Philippe Gault, président du SIRTI, s'est exprimé sur les résultats d'audience des programmes locaux. Il estime notamment que ces résultats sont dus à la qualité des programmes des stations indépendantes.
Philippe Gault : Beaucoup de satisfaction ! Il y a un effet fort pour les programmes locaux en général, avec une progression de plus de deux points en un an. Au niveau des agrégats, les programmes locaux sont les seuls à progresser. Radio France est à la baisse. Cette vague n'est pas excellente pour la radio dans son ensemble, mais nous restons très proches des niveaux habituels de la radio, autour de 84% d'audience. Toujours est-il qu'il y a cette distinction avec la progression des programmes locaux en part d'audience et en audience cumulée.
RA : Un million d'auditeurs gagnés en un an pour les programmes locaux, comment expliquez-vous ces résultats ? Est-ce simplement conjoncturel ?
P. G. : J'espère que ce n'est pas pas conjoncturel ! Il est difficile d'apporter une explication globale, dans la mesure où cette progression est enregistrée par un grand nombre de radios. Il y a un mouvement de fond qui se vérifie depuis plusieurs années. Aujourd'hui Après s'être un peu détournés des radios n'appartenant pas à des chaînes nationales, dont le formatage était plus poussé et plus performants que les radios régionales, les auditeurs reviennent. Les radios indépendantes sont désormais concurrentielles. Elles ont intégré des méthodes professionnelles avec des équipes stables et performantes. Elles ont intégré des technologies et sont souvent en avance sur le terrain de la numérisation des antennes, de la gestion de la programmation et des interventions. Certaines d'entre elles font aussi de la recherche musicale sur leur population ciblée. La qualité des programmes soutient la comparaison avec les réseaux nationaux. C'est ce qui manquait à une époque. A partir du moment où la qualité de l'assemblage est sérieux, il y a un avantage que les radios indépendantes retrouvent sur le terrain de la proximité, d'une relation plus directe avec les auditeurs. De cette manière, elles compensent le handicap qui est celui de la marque. Une marque régionale n'a pas la même force qu'une marque nationale. La dimension de l'information locale est importante, mais pas seulement. Car si ce n'était que cette dimension, on trouverait que certaines radios nationales seraient capables de le faire dans leurs petites fenêtres. Ce que nous appelons le contenu éditorial continu, c'est cette manière d'assembler notre programme en pensant à notre cible dans un univers géographique précis. Personne d'autre que nous ne peut ou ne veut le faire.
RA : Ces résultats traduisent donc une certaine maturité des programmes locaux, mais au-delà de ces résultats, il y a des poids lourds de la FM régionale et des radios dont les moyens sont beaucoup plus limités. N'y a t-il pas une radio indépendante à deux vitesses ?
P. G. : Je dirais plutôt que les radios indépendantes aujourd'hui ne sont pas au même endroit de leur parcours et au même endroit de leur histoire. A mon sens, il y a de l'espoir pour toutes celles qui existent. Il y en a tellement qui ont disparu ou qui ont cessé d'y croire et se sont adossées à un réseau en croyant que la solution était là. Les autres ont tenu bon contre vents et marées et contre les pronostics. Il y a désormais des radios qui, avec une seule fréquence dans un département, construisent de véritables audiences. Evidemment, quand il s'agit d'un département rural, on ne risque pas de faire 400 000 auditeurs. Néanmoins,ces radios arrivent à faire parfois des audiences très spectaculaires. Cela montre seulement que certaines radios indépendantes ont pris de l'avance : ce sont celles qui ont créé le GIE Les Indépendants. Petit à petit, toutes les radios indépendantes sont en train de faire le travail. Elles ont la même prise de conscience et la même volonté de consolider leur entreprise. Mais il y a des verrous à ça sur le plan des fréquences, il y a des concurrents qui les dénigrent en disant que c'est un paquet de radios indistinct, que ce sont des clones des réseaux nationaux. Jean-Paul Baudecroux hausse les épaules quand les Indépendants disent qu'ils font plus d'audience que NRJ, mais il aimerait surtout que ça s'arrête. La réponse aux radios indépendantes à deux vitesses, c'est qu'il faut faire en sorte que toutes les radios aient un espoir de développement. Ces radios, avec un bassin de population souvent limité, font ressortir des audiences que personne n'avait fait ressortir depuis très longtemps.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/38805/sirti-entretien-avec-philippe-gault/
Thibault Leroi pour RadioActu
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