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Philippe Levrier, Président du groupe de travail FM 2006 au CSA, a réussi un joli coup médiatique au Salon Le RADIO! en réunissant des représentants des principaux opérateurs français autour d'une carte de 4 mètres de long reprenant le plan de fréquences français.
Alors que la plupart des opérateurs concernés par la consultation lancée par le CSA autour d'une éventuelle replanification ont remis leurs copies le 31 janvier, Philippe Levrier, invité du salon Le RADIO! le 8 février dernier aprécisé les objectifs du CSA en la matière. "Il s'agit pour le CSA d'organiser le débat autour des contributions avec les différents opérateurs", a t-il indiqué. Il faut dire qu'en la matière c'est à une véritable bataille rangée que se livre grands groupes nationaux, opérateurs régionaux et stations associatives autour des 6 000 fréquences FM exploitées aujourd'hui en France. Partisans de la fréquence maîtresse, défenseurs de la radio nationale, volonté d'extension des stations généralistes privées déficitaires en couverture dans le Nord et dans le Sud de la France : le Plan FM 2006 a réveillé bien des appétits. Pour matérialiser concrètement la bande FM française, Philippe Levrier a donc pris un main plaisir à dérouler durant cette conférence devant les principaux opérateurs présents une gigantesque carte de 4 mètres de long représentant la bande FM française actuelle. En jaune, les fréquences actuellement exploitées, tandis que quelques taches violettes symbolisent les fréquences transfrontalières relevant du droit international. Un moyen efficace de mesurer la complexité d'une éventuelle remise à plat généralisée de la bande FM. Et chacun s'accorde désormais à dire qu'un tel projet relève du fantasme. "Une remise à plat, mais pour quel nouvel équilibre du paysage ?" s'est ainsi interrogé Philippe Levrier. "La finalité, c'est que tout le monde est d'accord pour qu'il n'y ait pas de changements des équilibres actuels. Il ne s'agit pas de bouleverser la plan de fréquences", a t-il poursuivi. "Pour l'instant, il n'existe pas d'étude technique démontrant la possibilité de faire un plan de fréquences améliorant le plan actuel", estime t-il. Tout au plus pourra t'on espérer dans le meilleur des cas une optimisation de 10 à 15% de l'exploitation du spectre.
Pour sa part, Xavier Nouaille, directeur des systèmes audionumériques à Radio France, a rappelé l'antériorité de la présence de Radio France sur la bande FM. Evoquant la baisse éventuelle de la puissance de certains émetteurs de Radio France, il a également souligné "les demandes de desserte que Radio France n'arrive pas à satisfaire". Si des aménagements sont possibles dans le parc de fréquences de Radio France, Xavier Nouaille estime qu'une éventuelle replanification doit "mieux tenir compte de la réalité du terrain et des programmes diffusés". Il souhaite également qu'un travail soit effectué sur la puissance multiplexe et privilégiant "une amélioration du confort d'écoute plutôt qu'une augmentation de l'offre". Ce dernier point relevant plutôt de la radio numérique. De son côté, Philippe Gault, président du SIRTI, a souligné que la plupart des stations régionales et locales sont "en phase de succès et de développement". Selon lui, "l'idée de la remise à plat de la bande FM n'est pas envisageable". Il souhaite que soit préservé l'existant et "valider les choix des auditeurs". Dans cette perspective, il espère que le CSA "saura voir qu'il y a des radios indépendantes qui manquent dans le paysage radiophonique français". Se prononçant en faveur d'une "harmonisation de la matrice du plan de fréquences", Philippe Gault a dit croire au développement de la radio numérique "pour assurer un développement de certaines radios régionales. A ce titre, nous nous considérons comme nouveaux entrants".
Un point de vue partagé par Mathieu Quétel, directeur général de Voltage, qui estime que la perspective du'une remise à plat des fréquences "a plongé le monde radiophonique dans un doux rêve". Selon lui, "nous sommes confrontés à une baudruche qui s'essouffle". Il s'est dit opposé à "la remise à plat de cette diversité construite depuis 20 ans. Cette diversité est une chance pour notre paysage radiophonique et nous devons préserver cet acquis à partir de l'existant". Mathieu Quétel rajoute que "le média radio va négocier le virage de la radio numérique, et il ne s'agit pas d'affaiblir l'analogique avant d'aborder ce virage". Jean-Eric Valli, président du GIE Les Indépendants et directeur de Vibration, souligne que sa station "n'est pas reçue dans un certain nombre de villes", mais s'est toutefois dit opposé "à un bouleversement de toutes les fréquences". "Je ne suis pas sûr qu'il y ait un gain d'auditeurs pour un raisonnement collectif", a t-il poursuivi. S'il pense que certain paramètres peuvent ^tre remis en question, il estime que le plan de fréquences actuel "n'est pas dans le juste équilibre. Ce qui m'inquiète, c'est que je ne crois pas à un monde idéal. Les radios indépendantes perdraient à se jeter dans un nouveau plan de fréquences", a rajouté Jean-Eric Valli.
"L'heure est grave", estime pour sa part Henri Maurel, président et fondateur de Radio FG. Alors que sa station s'est vue attribuer plusieurs fréquences et aspire à un développement multivilles, il estime que "très peu d'aménagements sont possibles à la marge". Selon Henri Maurel, "la survie des opérateurs indépendants passe par un développement minimal". Il estime que "la diversité, qui est le lieu commun de la gestion des équilibres, risque d'être mise à mal par des programmes se rapprochant substantiellement les uns des autres". Henri Maurel souhaite que le CSA "garde à l'esprit le potentiel de créativité des opérateurs indépendants". Marc Laufer, directeur général de NextRadio, attend de cette éventuelle remise à plat un rééquilibrage du paysage radiophonique et l'attribution à RMC Info de fréquences sur les 15 plus grosses agglomérations du Nord et l'Est de la France. "Après avoir été séduits par le mythe de la fréquence unique, nous pensons qu'une optimisation chirurgicale ville par ville peut permettre de dégager des fréquences", a t-il indiqué. Estimant que l'avenir est désormais à la radio numérique, il a souligné l'engagement de NextRadio dans ce domaine. "L'avenir est à la diversité des programmes et des opérateurs", a t-il rajouté. Enfin, représentant la SNRL, Emmanuel Boutterin estime qu'il y a "un intérêt commun des opérateurs", autour de la replanification. Rejoignant Marc Laufer sur l'utopie que représente l'idée de la fréquence unique, il a appelé le CSA "à être le garant de la législation". Il a par ailleurs demandé que "la moitié des fréquences disponibles soit attribuée à des opérateurs indépendants". D'autre part, après la publication sur le site du CSA des contributions à la consultation sur le plan de fréquences, Philippe Levrier a indiqué qu'une rencontre du Conseil avec les différents opérateurs aurait lieu en avril prochain.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/40324/le-radio-reflexions-autour-du-plan-fm-2006/
Thibault Leroi pour RadioActu
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