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Le SIRTI s'est félicité des résultats d'audience des programmes locaux. Son président, Philippe Gault, a évoqué pour RadioActu les facteurs de ce dynamisme. Il est également revenu sur la création du Bureau de Liaison de la Radio et les rapports entre l'industrie du disque et les radios indépendantes.
RadioActu : A quoi tient cette progression continue des programmes locaux depuis plusieurs vagues ?
Philippe Gault : En septembre-octobre 2000, l'agrégat des programmes locaux représentait moins de 7 millions d'auditeurs. Aujourd'hui il y a plus de 9 millions d'auditeurs. C'est une évolution quasiment continue, c'est une courbe ascendante au fil des ans. C'est le résultat d'un mélange de professionnalisme et de proximité développé par les radios indépendantes dans leurs programmes, d'auant que les radios indépendantes ont peu progressé en nombre de fréquences au fil des ans. D'abord parce qu'il y a eu assez peu de fréquences attribuées ces cinq dernières années et que souvent elles ont été attribuées à des radios nationales qui ont pu faire valoir des priorités. On voit que ces fréquences leur permettent tout juste de maintenir leur audience. A côté de ça, il y a d'autres légitimités qui sont un peu oubliées dans les attributions de fréquences. Les résultats sont quand même là en termes de progression et nous espérons que ces résultats seront regardés de près quand il s'agira d'attribuer à nouveau des fréquences.
RA : Est-ce que les résultats d'audience des programmes locaux vont peser dans le cadre du Bureau de Liaison de la Radio et dans vos relations avec l'industrie du disque ?
P. G. : Le Bureau de Liaison de la Radio est une structure unitaire que nous avons mis sur pied avec nos partenaires du secteur professionnel et associatif de la radio privée. Depuis plusieurs mois, la radio est maltraitée. L'industrie du disque est dans une période difficile et elle imagine pouvoir obtenir de la part des radios un soutien supplémentaire à leurs productions. Comme le média radio a une certaine vitalité, l'industrie du disque suppose que les redevances que nous payons devraient avoir le même dynamisme. La radio est le média de la musique par excellence, mais nous ne sommes pas que des diffuseurs de musique. La diversité musicale des radios est extraordinaire, il y a des milliers d'artistes qui sont diffusés tous les jours. Nous défendons la liberté de programmation des radios et nous ne voulons pas rentrer dans un système de contraintes supplémentaires sur la programmation musicale. Ce n'est pas la diversité musicale à la radio qui en sortira gagnante.
RA : La diversité musicale n'est-elle pas aussi l'un des facteurs de la progression de l'audience des programmes locaux ?
P. G. : Il y a une grande diversité musicale au sein des radios indépendantes. On le voit régulièrement avec les études Yacast, même si toutes les radios ne sont pas prises en considération. Il y a des radios qui jouent la carte de la diversité musicale, mais qui jouent la carte de la proximité. Ce genre de particularité de chaque programmateur et de chaque radio joue sans doute au niveau de l'audience des radios indépendantes. La diversité musicale à la radio est mieux soutenue par la diversité des programmes et des opérateurs que par des mesures de quotas supplémentaires. Plus généralement, ce genre de mesure n'est pas nécessaire. Un autre sujet qui préoccupe les radios, c'est la question des droits versés à la Spré. Les radios entendent faire en sorte que l'équilibre trouvé il y a plus de dix ans soit préservé dans l'intérêt de tout le monde.
Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/43011/sirti-entretien-avec-philippe-gault/
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