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18/04/2005

NRJ - Entretien avec Jean-Bruno Michaud

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Jean-Bruno Michaud, directeur de la gestion opérationnelle des antennes nationales et locales de NRJ Group, est revenu sur les derniers résultats d'audience des stations de NRJ Group. Il a également évoqué les projets de développement en local.

NRJ - Entretien avec Jean-Bruno Michaud RadioActu : Comment analysez-vous les derniers résultats d'audience des stations de NRJ Group ?
Jean-Bruno Michaud : C'est une vague qui confirme la bonne tenue des programmes musicaux, dans un contexte où l'actualité était assez chargée. On aurait pu penser que ce contexte allait bénéficier aux généralistes, et finalement non. Donc c'est inconstablement une belle vague pour NRJ. La force de la marque est immense. Elle permet de tirer l'audience et de la renouveler. On est jamais premier par hasard dans ce métier et nous avons un ensemble de raisons qui font que NRJ reste au top. L'une de ces raisons, c'est son morning. Il y a pas de radio leader sur une cible CHR sans un morning fort. Le notre est extrêmement fort et progresse de façon continue alors que c'était un vrai pari au départ avec trois inconnus. A l'arrivée, le morning rassemble 3.3 millions d'auditeurs par jour. Ce qu'on ne dit pas assez, c'est que cela représente deux fois l'audience de Cauet qui fait 1.7 million d'auditeurs ! C'est le premier morning de France et c'est notre grande fierté, surtout que l'émission continue à progresser de 8% sur un an. Nous pensons que le potentiel reste entier.

RA : Une tranche qui a été plus malmenée, c'est celle du soir. NRJ avait beaucoup misé sur Magloire à la rentrée. Aujourd'hui, vous faites confiance à des inconnus. Où en êtes-vous sur cette tranche ?
J.-B. M. : Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions, mais suffisamment pour se rendre compte que le sens du vent est plutôt favorable. Nous avons en effet du mal sur cette tranche. Le plus simple serait de mettre de la musique, et le plus difficile est de créer une émission d'interactivité dynamique qui s'inscrive dans un contexte susceptible de prendre par exemple le relais d'un Difool. Aller chercher trois Belges complètement inconnus, ce n'était pas évident. Nous avons aujourd'hui un véritable phénomène avec Michaël. C'est difficile d'apprécier les résultats de cette tranche, car ils ont commencé au mois de décembre, et on ne peut regarder que la moitié de la dernière vague. Mais quand même, nous avons 10% de progression. Ce qui est important, c'est que nous avons une émission qui cible les 13-24 ans, qui est là pour fédérer du recrutement et être en phase avec l'inconscient collectif des jeunes auditeurs d'NRJ que nous souhaitons transformer en auditeurs captifs et garder longtemps. Sur les 13-24 ans, nous avons augmenté de 36%, mais ce sont des chiffres à regarder avec précaution. A l'évidence, il y a une progression. L'émission "Sans Interdit" procède de critères générationnels d'interactivité haut de gamme, qui sait où se trouve la ligne jaune et qui peut avoir un langage moderne, fédérateur, sans pour autant être agressif ou salace.

NRJRA : En audience cumulée, NRJ domine largement le marché radio, mais il y a toujours une faiblesse sur le critère de la part d'audience. Réfléchissez-vous à la façon de pallier cette faiblesse ?
J.-B. M. : Oui évidemment. Maintenant que nous confirmons 10 fois sur 11 cette première place en audience cumulée, ça commence à être significatif. A terme, nous avons envie de rechercher des résultats similaires sur la part d'audience. Nous avons des recettes pour ça et nous allons les mettre en place. Je crois qu'il faut d'abord gravir cet Everest sereinement, pas à pas, et continuer sur la progression qu'a connu NRJ depuis des années. C'est une progression qui est lente, maîtrisée et constante. Sur NRJ, nous sommes sur un trend de progression constant et tout finira par arriver.

RA : Nostalgie connaît des résultats en retrait par rapport à l'année dernière. Jean-Charles Mathey avait reconnu qu'il y avait des difficultés sur ce format. Qu'en est il aujourd'hui ?
J.-B. M. : Les résultats des radios adultes sont plus mitigés sur cette vague. Je crois toutefois que l'expérience induit qu'il faut se méfier des sautes d'humeurs trimestrielles et considérer les choses sur la longueur. Nous avons toujours regardé les choses comme ça dans le groupe. Nostalgie a toujours plus de 4 millions d'auditeurs quotidiens, elle est dans le trio de tête des radios musicales et reste la radio leader sur sa cible, les plus de 35 ans. C'est le premier objectif et il est largement atteint. Le morning de Christophe Nicolas est assi premier sur les 35-59 ans. C'est important, surtout au moment où nous présentons le projet Nostalgie la Télé.

RA : Les résultats de Chérie FM s'inscrivent dans un contexte similaire ?
J.-B. M. : Les résultats de Chérie FM sont effectivement en léger recul, mais nous sommes dans un contexte où nous avons battu des records l'année dernière. Nous sommes sur un référentiel extrêmement haut et on ne peut pas battre des records tous les jours. C'est un format qui a été très attaqué ces derniers temps et challengé frontalement. Compte tenu de cet environnement agressif, ces résultats doivent être pondérés.

RA : L'une des originalités de Chérie FM, c'est la diffusion d'un morning en local. Envisagez-vous de pérenniser cette expérience la saison prochaine ?
J.-B. M. : Il n'y a aucune raison de le remettre en cause pour l'instant. Les dernières Médialocales nous laissent penser que c'est une vraie bonne solution. C'est aussi pour nous une façon de mettre nos actes en conformité avec nos paroles. Jean-Paul Baudecroux a toujours dit "Think global, act local". On ne pas dire qu'on croit au local et faire du programme local entre 20h et minuit. Ca me paraît antinomique. Nous ferons le point avec les Médialocales de juillet, mais c'est une décision stratégique lourde pour nous d'avoir tenté ce pari. Il a été réussi avec des progressions d'audience importantes.

RA : Pour sa part, Rire & Chansons connaît une stabilité de ses résultats d'audience...
J.-B. M. : Effectivement, mais le soucis de Rire, c'est son nombre limité de fréquences. Avec 60 fréquences, on ne peut pas prétendre atteindre des sommets. Nous sommes à 1.8 million d'auditeurs. Rire & Chansons reste la radio la plus masculine de France et enregistre une progression de 10% de son quart d'heure moyen par rapport à l'an dernier.

NRJ12RA : Le lancement de NRJ 12 sur la TNT constitue une relais de croissance et d'audience pour NRJ Group. Y aura t-il prochainement des synergies avec la radio ?
J.-B. M. : Absolument, toutes les synergies possibles et imaginables qui pourront rendre service à NRJ 12 et à NRJ seront envisagées et mises en place. Nous n'allons pas nous mettre à filmer de la radio, ce qui n'est pas le cahier des charges de NRJ 12. Nous allons progresser par palliers. Pour le moment, il y a 200 000 décodeurs vendus. Le vrai lancement d'une grille de programmes dense et riche, ce sera pour la rentrée. Il y a une logique de "tribu" à mettre en place.

RA : Allez-vous procéder de la même façon pour Nostalgie la Télé, si le CSA vous attribue un canal sur la TNT ?
J.-B. M. : Tout à fait. Ce serait incompréhensible qu'il n'y ait pas une chaîne du patrimoine en France sur la TNT. Jean-Paul Baudecroux a annoncé devant le CSA que, dans l'hypothèse où nous aurions une fréquence pour Nostalgie la Télé, nous ouvririons le capital de la chaîne à hauteur de 49% au groupe Bolloré, et inversément si le projet du groupe Bolloré obtient la fréquence. Le groupe qui aura la fréquence en sera l'opérateur.

RA : La loi donne aujourd'hui la possibilité à des stations de catégorie D d'ouvrir des fréquences en catégorie D. Avez-vous déposé des demandes en ce sens auprès du CSA ?
J.-B. M. : Oui, nous avons déposé 21 dossiers de demandes d'ouvertures en local pour NRJ, Chérie FM et Nostalgie. Nous prouvons une nouvelle fois notre intérêt pour le local. 21 passages de D en C, c'est considérable. Cela représente plus de 60 emplois et des investissements importants pour monter les studios en région.

Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu

© MédiasActu · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation

http://www.radioactu.com/actualites-radio/43040/nrj-entretien-avec-jean-bruno-michaud/

Thibault Leroi pour RadioActu

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