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16/01/2006

Radio Classique - Entretien avec Frédéric Olivennes

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Avec 1.6% d'audience cumulée, Radio Classique réalise ses meilleurs scores d'audience depuis sa création. Pour RadioActu, Frédéric Olivennes, directeur général de la station, revient sur le nouveau positionnement et ses perspectives de développement.

Frédéric OlivennesRadioActu :Comment analysez-vous globalement les derniers résultats d'audience de Radio Classique ?
Frédéric Olivennes : C'est la meilleure audience depuis la création de Radio Classique . Nous avons une progression sur un an qui est très importante. L'année dernière à la même période, nous étions en dessous du point d'audience, à 0.9. Ce qui fait une progression de 51% d'audience, ce qui représente la plus forte progression de toutes les radios françaises. Avec 1.4% d'audience cumulée, nous avons plus de 700 000 auditeurs quotidiens, ce qui est vraiment remarquable. Sur un pari qui était d'arriver à rendre plus accessible un contenu qui était très qualitatif, et ce dans un contexte où le média radio recule un petit peu. J'ajoute que le week-end nous sommes à 1.5% et nous avons la deuxième meilleure durée d'écoute, derrière RTL.

RA : Et le week-end, vous devancez France Musique, ce qui doit être un motif de satisfaction ?
F. O. : C'est vrai, même si on se compare peu à France Musique car nous savons que nous n'avons pas tout à fait les mêmes auditeurs. Mais il faut quand même le noter par rapport au nombre de fréquences : environ 550 pour eux contre 70 pour nous. Je considère pour ma part que le service public n'a pas à faire la course à l'audience. Le fait que nous soyons meilleurs qu'eux n'est pas pour moi le motif premier de satisfaction. Ce qui est intéressant, c'est de noter qu'une nouvelle grille de rentrée, faite dans un contexte culturel qui est celui de la France où l'on dit toujours que lorsque vous vous attaquez à des temples, vous risquez finalement d'être un traître à la culturel, prouve que l'on pouvait développer une audience nouvelle sans perdre nos anciens auditeurs, sur des contenus qui sont toujours aussi qualitatifs. Je crois que c'est ça qui est intéressant. L'antenne de Radio Classique n'est pas facile à développer en termes d'audience. C'est une très grande satisfaction pour l'équipe qui a beaucoup travaillé, mais c'est aussi encourageant sur le fait que la qualité peut être récompensée.

RA : Imaginiez-vous que cette progression d'audience serait aussi rapide ?
F. O. : Non, on ne s'attendait pas à aller aussi vite. Il faudra bien sûr confirmer cette progression, mais nous ne pensions pas atteindre 1.4% tout de suite. C'est une très belle victoire pour nous, mais nous restons humbles et prudents. Nous avons encore beaucoup de travail devant nous, mais nous sommes fortement récompensés.

Radio ClassiqueRA : De quelle manière la structure de votre auditoire a-t-elle évolué ?
F. O. : C'est encore trop tôt pour le dire, mais je pense que, comme prévu, Radio Classique a cherché des gens plus jeunes, ce qui était déjà le cas sur la vague précédente.

RA : La création récente des soirées Classy s'inscrit dans cette politique d'accessibilité de la musique classique ?
F. O. : Tout-à-fait. Ces soirées sont le symbole de ce que nous cherchons à faire avec la musique classique. C'est une très grande exigence de qualité, mais dans une présentation qui la rend accessible. L'idée c'est de faire des soirées de musique classique dans un cadre, des horaires et une ambiance qui soit décalés, moins solennelle et moins stricte que celle du concert classique habituel qui, du coup, apparaît comme excluant pour toute une catégorie de gens. La première soirée nous a servi de test et nous a permis de valider le fait que, artistiquement, il y avait quelque chose qui fonctionnait. La seconde soirée malheureusement ne pourra pas être ouverte à nos auditeurs et aux public pour des raisons qui nous échappent, ce sera donc un deuxième test que nous allons faire au Palais de Tokyo. Mais la troisième soirée sera ouverte au public, et là, on va voir ce qu'on va voir !

Radio ClassiqueRA : Vous n'avez pas les mêmes objectifs ni le même public que France Musique, mais n'y a-t-il pas un décalage entre les résultats d'audience de France Musique, qui bénéficie de plus de 550 fréquences, et les vôtres, qui n'en avez que 70 ?
F. O. : Ce n'est pas à moi de le dire. Ma conviction, c'est que France Musique a un rôle qui est beaucoup plus important que peut l'être Radio Classique dans un accompagnement intellectuel et musicologique de la musique classique, mais aussi dans le spectacle vivant. Radio France entretient deux orchestres, ce qui est très important et nous en avons besoin en France. Je suis très favorable à la politique telle qu'elle est menée par la Maison de la Radio aujourd'hui. Thierry Beauvert est un vrai professionnel, David Kessler est quelqu'un de très intelligent. Je suis assez convaincu que Radio France fait ce qu'il faut. Je dirais que s'il y a un point sur lequel il y a certainement des choses qui vont évoluer à Radio France, c'est le sujet France Inter, qui a les mêmes interrogations que Europe 1 ou RTL. C'est la question de l'adaptation aux pratiques des auditeurs. Le président Cluzel ne s'y est pas trompé, mais il ne m'appartient pas de porter des jugements sur le service public. Radio Classique ne vit que de la publicité.

RA : Ces bons résultats doivent évidemment satisfaire votre actionnaire et surtout vous permettre de prétendre à davantage de moyens pour développer Radio Classique ?
F. O. : Bien sûr, mais nous avons besoin de redresser une situation financière difficile. Ces résultats nous donnerons davantage de recettes et c'est important pour nous. Aujourd'hui, Radio Classique est une station qui tend à s'équilibrer dans un marché publicitaire est reste assez imprévisible.

Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu

© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation

http://www.radioactu.com/actualites-radio/53697/radio-classique-entretien-avec-frederic-olivennes/

Thibault Leroi pour RadioActu

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