PUBLI-INFO > RadioActu vous conseille .

logo print

titreFlash

16/01/2006

Radio France - Entretien avec Jean-Paul Cluzel

Envoyer à un ami Imprimer Commenter cet article

Envoyez cet article à un ami

Soulignant les bons résultats d'audience des stations de service public, Jean-Paul Cluzel, PDG de Radio France, évoque pour RadioActu le potentiel de développement de France Bleu. Il s'est exprimé sur le développement du Podcast et de son impact sur la consommation de la radio.

Radio France - Entretien avec Jean-Paul Cluzel RadioActu : Comment analysez-vous les résultats d'audience de Radio France ?
Jean-Paul Cluzel : Ils sont très satisfaisants. Je n'étais pas désespéré la dernière fois, je ne serais donc pas triomphant cette fois-ci. D'abord, nous confortons notre avance par rapport au groupe NRJ, comme premier groupe radiophonique français. Ensuite, France Inter repasse la barre des 10% et redevient la troisième radio française. Nos mauvais résultats de l'automne était dus à la désaffection après la grève du printemps et dont les effets étaient durables, ainsi qu'à la punition que nous ont infligé certains de nos auditeurs pour le traitement supposé biaisé du référendum européen. Nous l'avons payé très lourdement, mais c'était assez illogique. Nous avons beaucoup travaillé sur la grille et sur le ton général dont l'idée est de donner de quoi penser à nos auditeurs, mais ne leur livrons pas du prêt-à-penser. Le contrat de confiance est en train de se retisser. Dans ce phénomène, il y a bien évidemment l'inquiétude des auditeurs de France Inter, qui sont de classe moyenne et très concernés par les inquiétudes économiques et sociales. Ils ont très vite réalisé, à l'écoute de la concurrence, qu'ils n'étaient pas plus mal traités sur France Inter qu'ailleurs.

RA : Ce que l'on constate, c'est la bonne tenue des tranches d'information. Comment expliquez-vous cet engouement pour l'information ?
J.-P. C. : En ce qui concerne Radio France, c'est le souci d'allier les faits bruts par des clés pour comprendre. En particulier, le téléspectateur ne se contente pas de voir des images de voitures qui brûlent. Il a besoin d'explications, et donc, dans une période compliquée, cela apparaît comme une nécessité. Ce n'est pas un hasard si nous avons décidé d'aller en Asie, en Chine ou en Inde sans qu'il ne s'y passe rien. Nous avons pris de l'avance pour comprendre ce qui risque de se passer. Je crois que l'actualité n'est pas porteuse en elle-même. Ce qui déterminera l'évolution de la courbe d'audience des médias, c'est le traitement quotidien en donnant à comprendre en excluant les explications univoques.

RA : Les résultats de France Bleu restent assez stables. Le lancement de France Bleu Ile-de-France au début mois représente-t-il un important relais de croissance pour l'audience de la station ?
J.-P. C. : C'est un potentiel considérable. Si nous passions simplement de 1 à 2% pour France Bleu Ile-de-France, ça vaudrait 0.3 point d'audience nationale en plus. Si nous doublons notre audience d'ici un à trois ans, ce serait très convenable. Je crois qu'il y a une vraie identité parisienne et francilienne. On l'a bien vu dans la crise des banlieues. Les problèmes de scolarité, d'intégration, d'inégalités sociales, d'éducation, devant l'accès aux soins, les problèmes de transport sont communs à tous les franciliens. Il n'y a pas plus de différence entre le comportement d'un bobo de la Rue Oberkampf et un bourgeois traditionnel du 16ème arrondissement qu'il n'y en a entre Saint-Mandé et La Courneuve. C'est une région dont la diversité est un profond facteur d'unité.

France MusiqueRA : Radio Classique est aujourd'hui à 0.2 point de France Musique. Est-ce que ce résultat vous inquiète ?
J.-P. C. : Le fait que nous gardions notre audience et que eux progresse démontre qu'il existe un potentiel pour la musique classique. Probablement, en se différenciant plus de France Musique qu'ils ne le faisait précédemment, ils ont adapté le format de Classic FM, avec une play-list de musique classique. Il n'y a pas de raisons que ce qui réussit à Londres ou à Berlin ne réussisse pas à Paris. C'est une excellente radio d'accompagnement qu'ils ont ainsi créé, ont peu même se demander pourquoi ils n'y ont pas pensé plus tôt. Je vois mal France Musique se positionner sur le même créneau. Leur créneau est plus facile que le nôtre, mais c'est un sujet de réflexion pour nous, car l'audience de France Musique n'est pas celle qu'elle devrait être le week-end.

RA : Ne pensez-vous pas malgré tout que 1.6% d'audience cumulée pour France Musique, avec le réseau dont elle bénéficie, ce n'est pas un peu décevant ?
J.-P. C. : France Musique et France Culture ont une mission de service public, et le potentiel d'auditeurs de musique classique au fond d'un département rural est fondamental dans le cadre de cette mission. Mais ce n'est pas là, évidemment, que l'on fait des points. France Info a un réseau a peu près semblable à celui de Radio Classique et a un potentiel d'auditeurs qui représente les trois quarts de celui de France Inter et fait la même audience. Quand on dessert l'intégralité du territoire, cela représente de gros investissements. On en peut donc pas tirer argument du fait que nous ayons plus d'émetteurs. Il faut regarder ce qu'il en est dans des zones comparables, et de ce point de vue, France Musique ne se comporte pas trop mal face à Radio Classique en région parisienne, où Radio Classique a toujours mieux fait que France Musique.

Radio FranceRA : Revenons sur les nouveaux comportements d'écoute de la radio. Radio France vient de lancer son offre en Podcast. Quels sont les premiers résultats ?
J.-P. C. : D'après I-Tunes, les résultats sont très bons pour France Inter. En deux semaines, elle s'est hissée au premier rang. J'avais fait le pari que les formats longs plairaient. Beaucoup de gens ne peuvent pas écouter des émissions comme "Le Masque et la Plume", qui est relativement longue et programmée le dimanche soir. Là, on peut la télécharger et l'écouter tranquillement dans les transports. Je n'avais pas beaucoup d'hésitations sur le succès.

RA : On arrive donc à une plus grande individualisation de l'écoute de la radio que ce n'était le cas il y a 20 ou 30 ans...
J.-P. C. : Je pense que l'écoute collective de la radio n'existe qu'en Afrique et dans les pays en voie de développement. La radio a une écoute complètement individuelle, en dehors de la voiture, et encore.

RA : Ne pensez-vous qu'il serait temps qu'une réflexion s'engage avec Médiamétrie pour que soit prise en en compte cette audience du Podcast avec les résultats d'audience globaux de la radio ?
J.-P. C. : Médiamétrie est en train de le faire dans un premier temps pour la télévision pour qu'il y ait une audience globale comprenant l'hertzien, l'analogique, le câble, le satellite et l'ADSL. Il nous ont annoncé leur intention de le faire pour la radio. Le Podcast démarre très fort chez nous, mais ce n'est pas encore ce qui quantitativement modifie les choses. A l'heure actuelle, pour des raisons commerciales, Médiamétrie donne la priorité à la télévision, mais notre tour viendra.

Thibault Leroi (thibault.leroi_at_radioactu.com) pour RadioActu

© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation

http://www.radioactu.com/actualites-radio/53706/radio-france-entretien-avec-jean-paul-cluzel/

Thibault Leroi pour RadioActu

© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation

Partager

Faire un lien

Blogger

Buzzer

  • digg
  • delicious
  • google
  • live
  • facebook
  • technorati


PUBLI-INFO

Partenaires

Publicité

Publicité


MédiasActu Network : Tous sur les webradios - Radio numérique : DAB, DRM... - écouter radio sur Internet - webradio gratuite - location manoir périgord - location corse balagne