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Anticiper et prévenir une éventuelle pandémie de grippe aviaire
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Merci à tous d'être venus à cette réunion organisée par le ministère de la Santé et le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Une réunion particulièrement importante qui concerne un enjeu de santé publique. Dans le cas du risque de pandémie de grippe aviaire, l'enjeu est d'autant plus délicat que nous sommes face à un risque global élevé mais imprécis à bien des égards. Un enjeu qui exige d'abord que nous prenions conscience des conséquences graves qu'une telle pandémie pourrait produire dans notre pays mais également dans le monde entier. Compte tenu des risques, il est nécessaire d'anticiper dès maintenant grâce à un engagement en amont de la part de tous les acteurs concernés.
Je souhaite donc d'abord saluer l'action du ministre de la santé, Xavier Bertrand, qui travaille sur cette question depuis plusieurs mois avec ses équipes en étroite collaboration avec la délégation interministérielle à la grippe aviaire et l'Institut national de prévention et d'éducation à la santé. C'est la première fois qu'un dispositif d'anticipation de cette ampleur est mis en oeuvre.
Anticiper et prévenir cette crise sanitaire majeure passe par une nécessaire transparence et par l'information de l'ensemble des citoyens. Dans ce cas, les médias audiovisuels ont un rôle de tout premier plan à jouer. Je tiens donc également à remercier l'ensemble des opérateurs qui ont accepté de participer à cette réunion. Votre implication est indispensable, vous serez, en cas de pandémie, des outils majeurs de prévention. Au delà du devoir d'information qui vous incombe, qui incombe aux journalistes, les médias audiovisuels peuvent être en effet amenés, au cas où la situation le justifie, à diffuser des messages d'alerte sanitaire à destination du grand public. C'est d'ailleurs une obligation légale qui résulte de la loi du 30 septembre 1986. La loi donne compétence au CSA pour définir les conditions de diffusion par les chaînes de télévision hertziennes nationales et locales et Radio France, aux heures de grande écoute, des messages d'alerte sanitaire émis par le ministère de la Santé. J'aurai l'occasion de revenir brièvement sur ces règles de diffusion.
Ces dispositifs d'alerte utilisent la puissance de communication des médias audiovisuels au service d'une mission primordiale d'intérêt général. Télévisions et radios sont des relais d'information réactifs, rapides et facilement accessibles qui permettent de diffuser dans un délai court des messages d'alerte, auprès d'une immense partie de la population. Quelles situations peuvent justifier la mise en oeuvre de ces dispositifs d'alerte ? Outre les épidémies, les intoxications, la pollution de l'air ou de l'eau, les retraits de médicaments. Mais aussi les phénomènes naturels comme l'éclipse solaire en 1999 susceptibles de provoquer des lésions graves de la vue ou la canicule. Cette année, ce dispositif a été en effet, pour la première fois, utilisé dans le cadre de la canicule et avec beaucoup de succès. Cette expérience a démontré le bien-fondé et l'efficacité d'une organisation en amont entre pouvoirs publics et médias audiovisuels. Dès la mi-juillet, l'ensemble des chaînes ont diffusé des spots informant des dangers de la canicule et rappelant les consignes de prévention. Et ce, dès que le ministre de la Santé a activé le dispositif, et en respectant les principes de diffusion fixés par le CSA. Je tiens donc à saluer l'ensemble des chaînes pour leur mobilisation dans cet effort collectif au service de l'intérêt général. Même réactivité et même mobilisation d'ailleurs des opérateurs pour un projet d'intérêt général dans un autre domaine mais similaire - Alerte enlèvement - dispositif placé sous l'autorité du ministre de la Justice et qui prévoit la diffusion d'un message dans le cas d'un enlèvement d'enfant. En signant ce protocole avec le ministère de la Justice, l'ensemble des opérateurs ont pris leur responsabilité au service d'une mission essentielle : contribuer à sauver la vie d'un enfant.
Convaincu de l'efficacité de ces dispositifs d'utilisation des médias audiovisuels face à des enjeux vitaux, le Conseil s'associe à l'organisation de cette concertation lancée par le ministre de la Santé. Le Conseil restera bien entendu mobilisé et jouera pleinement son rôle d'intermédiaire entre le ministère de la Santé et les diffuseurs concernés.
Le risque de pandémie de grippe aviaire est un enjeu de santé publique qui nous concerne tous. Il exige la collaboration de tous. C'est au ministre de la Santé qu'il revient d'élaborer un message clair, précis, et de déclencher le dispositif d'utilisation des média audiovisuels ; les diffuseurs sont tenus de programmer ces messages en fonction des règles arrêtées par le CSA notamment en termes d'horaire - il faut notamment que le message d'alerte soit diffusé régulièrement, plusieurs fois par jour, et à proximité des journaux télévisés et des informations météo.
C'est seulement ensemble, dans la concertation, que nous parviendrons à mettre à disposition des Français, qui sont des téléspectateurs et des auditeurs, des outils d'information et de prévention clairs et efficaces aptes à lutter contre la maladie en limitant sa contagion et sa propagation au sein de la population. Je sais que nous pouvons compter sur votre engagement et votre mobilisation comme vous l'avez déjà démontré, notamment - je l'évoquais toute à l'heure - dans le cadre du plan canicule. Nous devons tous contribuer à mettre en oeuvre ce dispositif d'alerte essentiel à la préservation de la santé et de la vie.
Merci de votre attention.
18 septembre 2006
Intervention de Dominique Baudis lors de la réunion relative à l'alerte sanitaire sur la grippe aviaire, CSA, le 18 septembre 2006
Extrait des décisions du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Seul la décision originale fait foi.
Source : http://www.csa.fr/
http://www.radioactu.com/actualites-radio/61873/csa-intervention-du-18-septembre-2006/
Extrait des décisions du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Seul la décision originale fait foi.
Source : http://www.csa.fr/
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