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Dans un édito publié ce vendredi 20 avril sur le blog politique d'Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, président de la station, a indiqué qu'il n'entendait pas déroger aux règles qui régissent la publication des résultats, désavouant implicitement l'un de ses salariés qui agite depuis plusieurs jours la possibilité de transgresser la loi.
Depuis plusieurs jours Jean-Marc Morandini, animateur d'une émission quotidienne consacrée aux médias sur Europe 1, entretient sur l'antenne de la station une polémique autour de la publication des résultats des scrutins des 22 avril et 6 mai prochains. Il menace de publier à partir de 18 heures sur son blog des "rumeurs certifiées" concernant le résultat de ces élections, et ce avant la fermeture du dernier bureau de vote à 20 heures, comme le prévoit la loi. Jean-Marc Morandini a par ailleurs pris soin de faire disparaitre le logo d'Europe 1 qui figurait sur la page d'accueil de son blog. Pour sa part, dans un édito publié ce vendredi 20 avril sur le blog politique d'Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, président de la station, a rappelé les principes déontologiques qui régissent la profession de journaliste. "La loi est la même pour tous. Et nul n'est censé l'ignorer. Dans cette période électorale, Europe 1 ne dérogera pas à ces règles. Et ne donnera donc, sur son antenne, ou sur son site, aucun résultat de manière anticipée. Nous ne nous ferons pas davantage l'écho de rumeurs, d'où qu'elles viennent, qui pourraient porter atteinte à la liberté de conscience de chaque électrice ou électeur avant la fermeture, dimanche, de l'ensemble des bureaux de vote, et de plus, nous prenons toutes les précautions de modération ou de contrôle nécessaires".
Le président d'Europe 1 désavoue donc implicitement Jean-Marc Morandini, alors que ce dernier s'estime victime de "menaces et pressions" après que la Commision Nationale de Contrôle de la Campagne en vue de l'Election Présidentielle (CNCCEP) ait adressé au prestataire technique du site de Jean-Marc Morandini un courrier lui demandant de prendre toutes les mesures pour que soient respectées les règles en matière de publication des résultats. Les récentes dispositions législatives (LCEN) obligent en effet l'hébergeur à agir "promptement" pour faire cesser un délit s'il en a la connaissance. Dans le cas contraire, il s'exposerait aux mêmes sanctions que l'éditeur du site. Dans le cas présent, la loi prévoit une amende de 75 000 euros. L'un des représentants de la CNCCEP a précisé sur France Info que cette amende serait appliquée pour chaque infraction constatée, c'est-à-dire à chaque fois qu'un résultat nouveau est mis en ligne. "Nous ne ferons rien de cela, conformément à la déontologie et à l'éthique qui nous inspirent et nous guident depuis toujours, conformément aux recommandations du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, et conformément au respect qu'impose naturellement la démocratie quand elle s'exprime. L'information ne peut pas s'affranchir des lois qu'un pays s'est donné collectivement", indique pour sa part Jean-Pierre Elkabbach concernant le traitement du résultat des élections sur l'antenne et le site d'Europe 1.
"Si la loi devait évoluer, nous en prendrions acte et la respecterions alors pareillement. Mais nous n'avons pas la prétention d'agir à la place de ceux qui la font et qui demain, en répondant aux questions que les nouvelles technologies leur posent légitimement, la feront évoluer, nous en sommes persuadés", a t-il ajouté. Dans un communiqué relatif à la communication au public des résultats du premier tour publié le 18 avril dernier, la CNCCEP a fermement rappelé que le respect scrupuleux des règles "s'impose naturellement à toutes les chaînes de télévision ou de radio mais aussi, notamment, à toute personne qui aurait recours à un procédé de communication au public par voie électronique. Il se justifie par l'absolue nécessité de préserver de toute interférence extérieure le droit de chaque citoyen à la libre expression de son suffrage. Il convient, en particulier, de conjurer le risque de voir certains électeurs renoncer à voter parce que le résultat serait prématurément présenté comme acquis ou de voir leur vote influencé par des informations diffusées illégalement et dont l'ensemble du corps électoral n'aurait pu disposer". La Commission ajoute que "chacun mesure l'importance de l'élection présidentielle dans la vie de notre pays. Le respect par chaque citoyen de la loi doit contribuer à ce que ce processus démocratique puisse se dérouler normalement jusqu'à son terme". Jean-Marc Morandini se pose désormais en victime de la liberté d'expression, expliquant que la CNCCEP veut "le faire taire par la force". Aujourd'hui, on ne peut que s'interroger sur le but final de cette polémique entretenue autour d'un enjeu démocratique majeur pour la France. L'animateur donne lui même la réponse à cette question, indiquant sur son blog, en principe consacré à l'actualité de la télévision, "qu'il n'y a que 3 ou 4 posts politiques aujourd'hui. Que des dizaines d'infos sur la télé sont en ligne, mais personne n'y va !" D'où l'intérêt évident de surfer sur une polémique stérile afin de générer un trafic conséquent sur son site où foisonnent les publicités commerciales.
Eléa Vidal (elea.vidal_at_radioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2007 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.radioactu.com/actualites-radio/71792/europe-1-i-la-loi-est-la-meme-pour-tous-i/
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