Bureau de la Radio – Le GIE Les Indépendants mène « une campagne de désinformation »

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Après la campagne menée en presse fin février par le GIE Les Indépendants, c’est au tour du SIRTI de prendre le relais pour s’opposer à un relèvement du seuil anti-concentration. Le 5 mars dernier, le syndicat, dont les radios du GIE Les Indépendants sont obligatoirement adhérentes, tente de mobiliser ses troupes en lançant une campagne en radio dans laquelle il explique que « les grands groupes veulent changer les lois qui protègent le pluralisme en radio et aggraver la concentration ». Le SIRTI, relayant la position du GIE Les Indépendants, entend alerter le gouvernement sur « les dangers qu’encourent la liberté de la communication et le pluralisme dans l’audiovisuel », déplorant « la caractère délibéré ou non de son ignorance des enjeux des radios et télévisions indépendantes ». Pour sa part, brandissant la menace d’éventuelles « offres de rachats spéculatives sur les principales radios », le GIE Les Indépendants avait estimé que ce relèvement conduirait à « évincer » les radios indépendantes du marché national. Le Bureau de la Radio a dénoncé ce qu’il estime être « une campagne de désinformation » menée par le GIE Les Indépendants. « On ne sait à qui elle profite vraiment », s’est interrogé le Bureau de la Radio, estimant que cette campagne contre le relèvement du seuil anti-concentration « s’appuie sur une contre-vérité ». Le Bureau de la Radio ajoute que « le principal argument avancé par le GIE les Indépendants est qu’une telle hausse du seuil permettrait aux réseaux nationaux d’acquérir des radios indépendantes, c’est-à-dire de catégorie B.

Or, explique le Bureau de la Radio, le CSA s’oppose clairement aux passages de la catégorie B à la catégorie C, et a indiqué fermement qu’il « refusera l’entrée de réseaux ou de personnes physiques ou morales ayant un lien avec un réseau dans le capital des opérateurs de catégorie B » (cf. communiqué n°319 du CSA du 15 décembre 1995). Le Bureau de la Radio a indiqué que cette règle « n’est nullement remise en cause par un relèvement du seuil de couverture des réseaux radiophoniques » et a ajouté que les opérateurs nationaux « n’en contestent pas le bien-fondé ». Que ce soit au sein des stations du GIE Les Indépendants ou des réseaux nationaux, le développement des groupes s’est toujours traduit par un phénomène de concentration. Ainsi, dans les années 90, la plupart des grands groupes nationaux, engagés dans une féroce chasse aux fréquences, s’étaient livrés à un rachat sauvage de nombreuses stations régionales. Cette vague de rachats s’était soldée par un « Yalta des fréquences » en 1996, qui avait notamment permis à NRJ de développer Rire & Chansons, son 4ème réseau national, et avait instauré une relative stabilité du paysage radiophonique.

Bien que dénoncé par le GIE Les Indépendants, un phénomène de concentration est également observé à l’échelle régionale au sein de certains groupes. Ainsi, le groupe Start a fondé sa stratégie de développement en se portant acquéreur au fil des ans de nombreuses stations régionales. Il contrôle ainsi pas moins de 3 stations à Paris et 3 stations à Bordeaux, ainsi que la station généraliste régionale Sud Radio. De même, le réseau Vibration s’est en partie développé en s’appuyant sur le rachat de petites stations de la région Centre. En 2002, « au nom du pluralisme et de la diversité des opérateurs », le CSA s’était opposé à l’entrée du groupe Start dans la station Sun FM à Lyon (lire RadioActu du 18/07/2002), puis s’était opposé à la reconduction de 13 FM à Marseille, également contrôlée par le groupe Start (décision du CSA du 28/11/2007). Dans le Nord, le groupe Contact a élargi sa zone de couverture en absorbant en 1999 la station Fugue FM, qui disparaîtra définitivement en 2002 (décision du CSA du 07/12/2002). Depuis juillet 2009, le groupe Contact a pris le contrôle de La Radio de la Mer. Pour sa part, qualifiant de « fallacieux » les arguments avancés par le GIE Les Indépendants, le Bureau de la Radio estime que cette évolution du seuil anti-concentration est « vitale pour des groupes radiophoniques qui, à l’instar de ce qui est permis pour les autres médias, ont besoin de se renforcer, pour mieux assurer leur pérennité ». Il estime que cette évolution est « indispensable », notamment en raison de la croissance de la population française depuis 1994. « Loin d’être une menace, le relèvement du seuil sera le garant du dynamisme du paysage radiophonique français », a ajouté le Bureau de la Radio.


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