CNRA – Entretien avec Hugues de Vesins, vice-président délégué au numérique

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RadioActu : Votre congrès vient de se tenir et son riche programme a dû intéresser de nombreux membres de vos fédérations adhérentes. Quel est le bilan de ces trois jours ?
Hugues de Vesins : Vous comprendrez qu’il ne m’appartient pas de tirer un bilan du dernier congrès national des radios associatives. Cette responsabilité incombe naturellement au Président de notre confédération, Hervé Dujardin et à son Conseil d’Administration. Je me contenterais simplement de vous livrer mes impressions et ce que j’en ai retenu. Tout d’abord, en termes d’ambiance, c’est un congrès très bien organisé, avec une belle qualité de travaux. Des congressistes constatant que les choses bougent, satisfaits des annonces faites, bien que finalement perplexes sur leurs conséquences. Des congressistes que l’on sentait incertains sur leur avenir et dont on a pu mesurer la prise de conscience sur les enjeux positifs de la future diffusion numérique. Ce congrès a été fort en annonces. Qu’il s’agisse du CSA ou du gouvernement, tout deux ont choisi notre congrès pour délivrer en primeur des annonces d’importance sur le numérique comme sur nos financements. Sur ce point, le choix opéré par la puissance publique, offre sans équivoque et s’il le fallait, la meilleure réponse aux quelques très rares radios qui se demandaient si l’action de la CNRA menée autour du FSER ces derniers mois était fondée ou non. L’émergence d’une nouvelle équipe et d’un Président de la CNRA qui, après une première année de prise en main des dossiers et de la fonction, est apparu animé d’un projet ambitieux et de la volonté d’imprimer son rythme à notre confédération. C’est dans le cadre de ce projet en grande partie tourné vers nos ambitions numériques, qu’Hervé Dujardin m’a demandé de revenir au sein du bureau de la CNRA en qualité de vice-président en charge du numérique et des financements aux radios.

RadioActu : Sur le dossier du numérique, avez-vous eu des informations en ce qui concerne la réforme du FSER. Y aura t’il un abondement spécifique du FSER pour financer le passage des associatives vers la radio numérique ?
Hugues de Vesins : Par la voix de Laurence Franceschini , Directrice du Développement des Médias (DDM), le gouvernement a confirmé la mise en place de financements consacrés à la diffusion numérique, financement dont l’enveloppe viendrait s’ajouter à l’enveloppe actuellement inscrite en Loi de Finance pour le FSER, et dont la distribution incomberait au Fonds de Soutien. Des propos qui sont venus confirmer ceux qu’avaient tenus récemment auprès de la CNRA le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet. Concernant la pluriannualité de cette nouvelle aide, Laurence Franceschini a rappelé que le niveau de ces subventions serait planifié sur trois ans. Les montants de cette nouvelle aide financière, en termes d’attribution radio par radio comme en termes d’enveloppe budgétaire, n’ont pas été précisés. Ces chiffres, comme la méthode de distribution de ces subventions, seront arrêtés au vu des conclusions qui seront issues de la mission qui a été confiée par madame la Ministre de la Culture et de la Communication à Monsieur Emmanuel Hamelin (inspecteur Général des affaires culturelles).

RA : Quel rôle devrait jouer Emmanuel Hamelin selon vous ?
Hugues de Vesins : Monsieur Hamelin est quelqu’un que nous connaissons, que nous respectons et que nous apprécions. Sa tâche ne va pas être simple, notamment au regard du temps très court qu’il lui est donné pour rendre son rapport, dont les premières conclusions sont attendues pour fin juin 2009 et le rapport définitif pour septembre 2009. Même si chacun comprend bien que pour inscrire une nouvelle enveloppe budgétaire pour la diffusion numérique au sein de la Loi de Finance 2010, certains délais doivent être impérativement respectés, le travail ne sera pas simple compte tenu de l’ampleur de la mission qui lui a été confié et qui nous a été décrite. Cette mission ne se limite pas au seul dossier du financement du numérique. Elle lui demande de revoir dans sa globalité le mécanisme de subventionnement des radios associatives via le FSER. Sur ce plan, les préoccupations de la DDM sont claires : augmentation du nombre des radios associatives (une quarantaine en 2008, conséquence positive du plan FM 2006) couplée au mécanisme d’aide automatique du FSER empêcherait toute possibilité d’augmenter les subventions versées individuellement à chaque radio, la croissance du budget consacré au FSER permettant tout juste de maintenir le niveau des aides. Il faut évaluer le besoin de financement des radios pour la diffusion numérique et imaginer un mécanisme de distribution des subventions spécifiques versées aux radios associatives.
En ce qui nous concerne, nous n’attendons pas de Monsieur Hamelin qu’il demande à nous auditionner, mais bien qu’il nous propose de travailler avec lui. Tester des hypothèses ou imaginer de nouvelles solutions dans une logique de structuration du secteur et non seulement ou simplement d’aide au secteur est un chantier qui nous passionne. Sur ce point et à ce stade, la CNRA formule le souhait que des mécanismes autorisant une plus grande implication des acteurs de la FM associative (représentants des Ministères, de l’autorité de régulation et des radios) soient rendus possibles au sein d’un organisme indépendant où chacun ait ainsi un réel pouvoir, et, que dans ce cadre renouvelé, le gouvernement donne les moyens financiers nécessaires à l’accomplissement de nos missions. Pour nous, la création d’un Etablissement Publique, en lieu et place de l’actuelle commission du FSER, propre à gérer l’ensemble des politiques publiques autour des radios associatives permettrait de dynamiser les ressources du FSER et d’en mieux rationnaliser l’utilisation.

RadioActu : Les présélections ne sont pas encore connues sur les 19 zones des appels à candidature pour la RNT. Comment pensez-vous que les multiplex seront composés ? Y a t’il eu des annonces particulières en la matière ?
Hugues de Vesins : Par la voix de messieurs Alain Méar et Rachid Arhab, le CSA nous a
Annoncé que les radios seraient regroupées au maximum pour former des multiplexes par catégorie radiophonique. Ainsi, le CSA s’efforcerait de placer toutes les catégories A d’une même zone sur le même multiplexe. Le nombre de radios par multiplexe de catégorie A serait de 10 à 12. Des appels aux candidatures à la fois complémentaires à celui déjà lancé et généraux seraient finalement lancés région administrative par région administrative sur l’ensemble de la bande III, apparemment enfin libérée, durant l’année et demie à venir. La critique est aisée et l’art est plus difficile surtout en matière de planification numérique. Néanmoins, ces annonces nous laissent perplexes sur certains points. Si certaines radios de catégorie A sont heureuses d’avoir à se retrouver entre-elles, je pense à celles de Toulouse et je crois de Nantes, d’autres pointent les dangers d’un tel scénario et les risques de discriminations qu’il pourrait amener. Au premier rang d’entre eux, le risque du moins disant technique pratiqué au nom de l’abaissement des coûts. Par exemple, tous les sites d’émission ne se valent pas. Ainsi, les sites les plus efficaces en termes de couverture seront les plus réclamés et donc les plus chers. Nous connaissons déjà ce phénomène en FM. Or, à la différence de la FM qui permet des conditions dégradées de réception, lorsque vous êtes mal reçu en numérique vous n’êtes plus du tout reçu. De la même façon, dans un multiplexe mixte (radios commerciales et radios non commerciales) les défaillances financières d’un opérateur associatif confronté au rallongement des délais de paiements de ses subventions ne pourraient pas mettre en péril l’ensemble du multiplexe. Enfin, la cohabitation entre radios d’une même catégorie est loin d’être une chose évidente, sur un plan technique comme humain. Chacun peut avoir en mémoire, sur ce plan, les conditions dans lesquelles s’opèrent les partages actuels de fréquence FM. Examiné sous l’angle du financement par les collectivités territoriales d’une partie de la diffusion, ce regroupement pourrait être vu sous un bon angle. Le souci est qu’à ce jour pratiquement aucune de nos radios ne maîtrise le mode de diffusion numérique en bande III, autrement plus compliqué que la FM. Dans les premières années, je ne vois pas comment, à l’échelle nationale, nous pourrions nous passer de prestataires de services. Pour nous, c’est plus le projet radiophonique dans ses dimensions contenues, ses conditions de réalisation de programmes et sa couverture finale souhaitée qui devraient dicter la construction des multiplexes, que l’appartenance à telle ou telle catégorie du candidat. En tout état de cause, que le principe de multiplexes par catégorie soit retenu pour la planification des grandes villes est une chose, mais nous ne voyons pas comment il pourrait s’appliquer sur l’ensemble du territoire, ce que le CSA nous a presque confirmé avec pragmatisme. La volonté de caser 10 à 12 radios associatives sur un même multiplexe risque de constituer un vrai point de désaccord entre la CNRA et le CSA. En effet, cela voudrait dire que les radios associatives bénéficieraient, dés le départ, globalement d’une bande passante réduite face aux radios commerciales. Or, ce qui compte en radio, dans les phénomènes psycho-acoustiques qui gouvernent les habitudes d’écoutes et demain les conditions de diffusion de données associées tel que des images c’est la valeur comparative. Si, pour un même type de programme musical, la bande passante réservée au son est dans un cas de 32 Kb/s et pour une autre radio de 64 Kb/s, la différence sera flagrante et instantanée. Mais pire : si la bande passante consacrée à l’image est de 5 Kb/s pour une radio et de 15 Kb/s pour une autre, dans un cas vous verrez un logo flou et dans l’autre des photos de bonnes qualité renouvelées toutes les 6 secondes. Quand nous irons voir nos financeurs, ils visualiseront instantanément la différence et la traduiront négativement pour nous. Enfin, les projets de radio numériques que nous avons présentés lors de notre congrès et qui ont visiblement séduit le CSA seront tout simplement inexploitables dans ces conditions. Heureusement, il semblerait que le CSA, là aussi avec pragmatisme, s’oriente finalement plus vers des multiplexes de 8 à 10 radios. En ce qui concerne les appels à candidature sur la bande III et le nouveau plan annoncé par le CSA , nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse de la meilleure de chose du point de vue des auditeurs. Pas certains non plus que ce soit la meilleure méthode pour inciter les fabricants et commerçants à commercialiser les postes de réception sur l’ensemble du territoire national. Cependant, pour les radios locales, cette méthode a un intérêt indéniable. Elle devrait permettre de mieux organiser leur diffusion en la réalisant sur des fréquences définitives, mais aussi et surtout, en nous permettant d’obtenir progressivement les financements publics nécessaires.

RadioActu : Quel est le coût global pour le passage au numérique pour l’ensemble des radios associatives de vos fédérations membres ?
Hugues de Vesins : Ce coût est très variable suivant le type de radio numérique que l’on veut réaliser. Nous sommes partis du principe que les radios associatives avaient vocation à développer la communication sociale de proximité, mission reprise explicitement par la loi. Ainsi, la vision que nous avons de nos radios ne répond pas à la simple transposition sonore de nos contenus de l’analogique vers le numérique, mais bien, à la création d’un nouveau média radio libre et citoyen alliant son, image et interactivité. Dans ce cadre, le besoin minimal en bande passante par radio de catégorie A serait de 128 Kb/s. De la même façon, réaliser une radio exploitant pleinement les possibilités offertes par la diffusion numérique nécessite des investissements spécifiques en automate de diffusion en caméra en ligne SDSL. Du côté des investissements nécessaires, nous estimons qu’il faudra de 20 à 50 k€ par radio. Les dispositifs actuels de financements des équipements de nos radios par le FSER couplés aux dispositifs mis en place part un grand nombre de collectivités territoriales devraient nous permettre d’opérer ces investissements.
Du côté de la diffusion, pour faire simple, une diffusion sur une ville de moins de 500 000 habitants a été évaluée (hors coût BIFS) à 21 000 euros par an et par radio. Nous espérons le ramener à au moins 16 000 euros. Ainsi, d’après nos estimations il faudrait, pour transposer le paysage actuel de la radio diffusion associative, obtenir une enveloppe de 13 millions d’euros. Par ailleurs, contrairement à ce qui est parfois annoncé, la réduction de la bande passante pour les radios associatives ne réduira pas forcément les coûts macroéconomiques de cette diffusion qui définit l’enveloppe budgétaire nécessaire au financement. En effet, ce coût n’est pas linéaire. Il fonctionne en base 6, 9 ou 12. Dans bon nombre de zones rurales ou petites villes, le nombre de radios acceptant de financer une diffusion dictera le prix final de cette diffusion et non la bande passante utilisée par ces mêmes radios.

RadioActu: Quelles sont les perspectives de développement à moyen terme pour les stations associatives dans cet environnement multi-supports ?
Hugues de Vesins : Exceptionnelle ! En effet, on a voulu enfermer nos radios dans un archaïsme désuet. Nous avons entendu des personnes expliquer que nous étions dépassés et en absence d’idées. Ces mêmes personnes se gargarisaient d’avoir foison de projets numériques… Ces propos ont eux quelques choses de choquant voire d’indigne. En effet, durant des années tout a été fait pour mettre à l’écart nos radios de la diffusion numérique. On se souviendra notamment du montant de la cotisation très dissuasif du Club DAB. Puis, presque du jour au lendemain, un mouvement d’accélération est arrivé. Là, on a demandé aux radios associatives, dont tout le monde avait bien compris qu’elles ne pouvaient être absentes de ce nouveau mode d’expression radiophonique, de présenter leur projet. Mais comment ces radios auraient-elles pu présenter ces projets compte tenu du degré d’ignorance dans lequel on les avait maintenues ? A-t-on déjà vu un peintre décrire l’oeuvre qu’il réaliserait si on lui fournissait une toile et un pinceau alors même qu’il ignore tout de ces supports et outils d’expression, mais également, qu’il n’a pu voir nulle part le résultat de leur utilisation ? Aujourd’hui, nous avons mené de nombreux tests tant en termes de production qu’en termes d’usages. Nous savons désormais quel type de radio peut-être réalisé, nous connaissons le rendu antenne comme les contenus qui peuvent-être obtenus, nous imaginons clairement quels méthodes et outils de production nous allons devoir mettre en oeuvre et, enfin, nous savons quel rôle nous devons jouer dans la conquête de cette nouvelle liberté de communiquer. En premier lieu, les radios associatives ont un rôle central à jouer dans l’accès à la liberté d’expression au sein de l’univers numérique. Sur ce plan, Internet constitue une forme de tromperie, ou plus exactement l’exposition qu’il propose aux acteurs d’un territoire ou d’une communauté est inadaptée. Derrière le « miracle You Tube » dans l’éclosion par exemple de tel ou tel artiste, les gens ignorent bien souvent qu’il y a des programmateurs. Les sites choisissent de mettre en avant tel ou tel contenu. La place du local, la place du débat politique, sa mise en publicité comme en perspective ne se retrouve pas sur la toile de façon satisfaisante. Nos radios, par leur niveau d’implantation technique, humain et leur pratique citoyenne, ont une légitimité totale et une capacité éditoriale de premier plan. Sur ce point, les tests que nous avons menés, durant plusieurs mois, de couplage radio / site web nous ont montré que nos radios pouvaient être mieux référencées que la presse écrite locale sur le Net. En effet, nos radios ignorent bien souvent la richesse et la quantité des contenus qu’elles produisent tous les jours.
Sur un plan artistique, les possibilités graphiques comme la façon de diffuser les images en bande III et sur le Web ouvrent de vrais horizons d’expression. De nouveaux métiers vont apparaître plus proches du web-designer que du simple réalisateur. Attention, il ne s’agit pas d’imaginer des procédés complexes de production et de diffusion d’image. Aujourd’hui, des automates de diffusion permettent de coupler dans un même geste image et contenu sonore. Il ne s’agit pas là que des seules pochettes de disques. Un débat diffusé à l’antenne pourra faire l’objet d’images séquencées couplées à du texte rappelant les questions posées ou les fonctions de la personne interviewée. L’interactivité va devenir un outil réellement mobilisable. Les résultats d’un « chat » pourront être diffusés en direct pendant un magazine. Bien conçue, cette interactivité pourra jouer un rôle important dans notre démocratie locale participative naissante. Sur ce plan, les tests que nous avons menés couplant sujet d’actualité fort, émission magazine « podcastable », interpellation « chat » et réunion de Conseil de Développement sur un pays ont été très puissamment révélateurs. L’usage de ces outils révèle également de nouvelles possibilités de financement. Là aussi, les tests d’interactivité payant sont étonnants. La population locale est prête à payer pour participer à des votes réguliers ! Des clubs d’auditeurs peuvent se créer. Des dynamiques de couplage médias radio et web deviennent de plus en plus fortes et amènent les collectivités territoriales à nous solliciter. Ces financements s’appuient également sur de nouveaux modes de consommation de la radio sur des horaires différents et dans des rythmes eux aussi changés. L’important dans ce nouveau mode d’expression sera de rester un moyen d’expression à support dédié caractérisant tout modèle de développement broadcast, de savoir utiliser des outils d’automation intégrant dans des suites logicielles complètes le traitement de l’image, du son, des données associées, de l’envoi de fichiers XML associés, plusieurs supports de diffusion à partir d’une base commune… Enfin, il nous faudra savoir mettre en place de véritables plates formes Web de travail. Je ne parle pas là de vulgaires sites Internet, mais bien d’outils de mutualisation de contenus à destination de nos bénévoles comme d’autres sites ou d’autres supports. Je parle également des applicatifs Web qui existent déjà et dont certains sont transposables à moindre frais pour l’exploitation de la bande III.

RadioActu : Quel est votre position et votre vision sur l’Internet mobile et de son usage actuel et futur ?
Hugues de Vesins : L’internet mobile fonctionne bien aujourd’hui via la 3G et devrait fonctionner de mieux en mieux. L’inconvénient est que son accès pour l’émetteur comme le récepteur est conditionnel, là où l’usage de la radio est libre et gratuit pour le public. Mais se positionner contre ou pour est absurde. L’univers dans lequel nous vivons est un univers crossmedia et nos valeurs de communication sociale de proximité n’ont pas de frontières en la matière et leur en donner serait dangereux. Pour nous, il s’agit bien que nos radios soient présentes aussi sur ce type de supports et c’est bien la conquête de la bande III telle que nous l’imaginons qui le permettra. Ces deux supports sont totalement complémentaires : l’un autorisant des modes d’action et de rémunérations que l’autre n’autorise pas et vice-versa. Pour être présent sur ces deux supports, il faudra savoir être correctement référencé sur le web, mais également, savoir coupler ces deux moyens de diffusion en alliant système de géolocalisation et système plus ou moins automatisé de passage du web à la bande III. Mais attention : il est illusoire de s’imaginer que nous seront présents localement sur le web en étant absents de la bande III.


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