CSA – Les opérateurs privés reçus par D. Baudis

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Cette délégation a fait part de son inquiétude après le basculement, en région parisienne, d’une fréquence de France Musiques vers Le Mouv’. Ces opérateurs privés ont demandé au CSA « d’exercer son rôle de régulateur auprès de Radio France et d’établir la transparence sur la gestion des fréquences du service public ». Ils qualifient de « discrimatoire » le système actuel, soulignant la lenteur des procédures auxquelles sont soumis les opérateurs privés lors des appels aux candidatures, et dénoncent « la souplesse totale dans les ré-allocations de fréquences pour le service public ».

Mais il semble que dans le fond ce soit l’arrivée d’un nouveau réseau musical jeune qui suscite véritablement les inquiétudes de la part des opérateurs privés. En effet, ceux-ci estiment que « Radio France entreprend d’imposer Le Mouv’ d’une manière discutable », soulignant que « l’offre privée de ce type de programme est déjà diversifiée et pluraliste ». Et de suggérer que soit revu le cahier des charges du Mouv’, « en privilégiant la dimension éducative, sociale et culturelle des divers modes d’expression de la jeunesse et la découverte de nouveaux talents ». Les opérateurs privés estiment ainsi que la programmation du Mouv’ soit « intégralement dédiée aux nouveaux talents francophones » et qu’au moins un tiers du temps d’antenne soit consacré à des programmes éducatifs, culturels et sociaux non musicaux.

Rappellons que les opérateurs privés avaient protesté, en novembre dernier, contre l’attribution d’une fréquence au Mouv’ sur la zone de Clermont-Ferrand, alors dans le même temps Radio France avait restitué deux fréquences sur la même zone. On peut dès lors s’interroger sur les raisons profondes d’une telle démarche de la part d’opérateurs qui bénéficient de 3 301 fréquences en France, réparties entre les stations de catégories A et B (39.9%), C et D (46.2%) et E (14%), selon les chiffres du CSA au 1er février 2000. D’autre part, en juillet dernier, le SRN, aujourd’hui associé au SRGP et au SIRTI, avait protesté lorsque ce dernier avait réclamé l’attribution de fréquences supplémentaires aux stations indépendantes. Le SRN, qui représente Chérie FM, Nostalgie, Rire & Chansons, Europe 2, RFM, Fun Radio, RTL2 et NRJ, avait alors estimé que le seul but du SIRTI « est de tenter d’enrichir le patrimoine de fréquences d’opérateurs particuliers qui prétendent en permanence, et contre toute réalité, faire beaucoup mieux que des réseaux nationaux (…) ». Enfin, il est intéressant de noter que les réactions des opérateurs privés interviennent lorsque Le Mouv’ commence à bénéficier d’une visibilité nationale, alors qu’ils étaient restés silencieux lors de la création de cette station, il y a 4 ans, bénéficiant à l’époque d’une vingtaine de fréquences.


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