Jacques Vendroux – Pour s’informer sur le sport, « les Français vont au plus simple »

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Quel dispositif Radio France met-elle en place à l’occasion de la Coupe du monde de football ?
Jacques Vendroux : Sept journalistes, quatre techniciens, un chef de production et notre consultant Claude Le Roy suivront la Coupe du monde. Nous partons tous ensemble au Brésil à cette occasion. Les antennes de France Info, France Inter et France Bleu proposeront ainsi des rendez-vous réguliers, en permanence. L’investissement de Radio France sur la Coupe du monde de football est très important.

Sept journalistes, est-ce suffisant pour couvrir cet événement ?
Jacques Vendroux : C’est suffisant : il y a cinq journalistes sportifs et deux journalistes d’information générale. Nous couvrirons donc aussi bien l’aspect sportif que les « à côté ». Si l’on compare aux autres Coupes du monde de football, le chiffre de sept journalistes est énorme. Radio France nous a donné beaucoup de moyens.

Cet exercice est-il encore exaltant pour vous, malgré le fait que vous le connaissiez très bien ?
Jacques Vendroux : Je vais couvrir ma dixième Coupe du monde ; elle sera sans doute la dernière. A 66 ans, alors que je vais entamer ma 49e année à Radio France, c’est quand même pas mal de conclure sur le Brésil !

En tant qu’inventeur du multiplex, comment analysez-vous l’évolution des multiplex sur les ondes ces dernières années ? Que pensez-vous des multiplex de Radio France et de ceux de vos concurrents ?
Jacques Vendroux : Ceux de Radio France ont été créés en 1972 sur France Inter. Concernant France Info, nous en bouclons actuellement la cinquième année. Le principe reste le même : l’auditeur souhaite que cela soit chaleureux, que nous soyons les plus précis possible et que nous communiquions les buts, penaltys, incidents d’arbitrages… Cela a toujours été l’ADN de France Inter, puis de France Info. Je ne pense pas que l’auditeur attende le fait d’organiser des débats pendant un multiplex, pour savoir si tel joueur ou tel autre est bon. Que mes concurrents fassent des débats a posteriori, c’est leur problème, mais ce n’est pas la culture de Radio France. Notre culture sont les matchs en direct dans les 44 locales (avec nos journalistes sportifs, tous les samedis autour de la Ligue 1, Ligue 2 et le national). Sur France Info, nous proposons un multiplex à la fois très sérieux et très chaleureux, sans délivrer de messages sociologiques. Nous essayons de faire de l’information comme France Info le fait.

Avec l’émergence des réseaux et des connexions haut débit, certaines choses doivent-elles être réinventées concernant les multiplex ?
Jacques Vendroux : La radio est éternelle. Vous pouvez proposer un milliard de sites internet consacrés au football, la radio restera tout de même extrêmement utile pour les gens. Si vous allez sur internet pour regarder l’évolution du championnat de France de Ligue 1, la démarche est compliquée : il faut avoir un ordinateur, du temps… La radio est plus simple : vous appuyez sur un bouton et vous écoutez un quart d’heure. Les Français vont au plus simple : ils se servent du transistor présent dans la voiture ou au domicile. Mais l’avenir du multiplex passe aussi par les applications sur le téléphone ; on peut y écouter le multiplex à tout moment, rapidement. Selon moi, la révolution doit venir du téléphone.

A votre initiative, le Variétés club de France, qui rassemble des personnalités médiatiques et d’anciens joueurs, va se rendre au Groenland du 18 au 23 mai…
Jacques Vendroux : C’est un rêve. Je me suis réveillé un matin en regardant les endroits du monde dans lesquels nous ne nous étions jamais rendus. Nous n’avions jamais été dans les pays scandinaves. Il n’y avait rien d’extraordinaire à aller faire un match de football en Islande, en Norvège ni au Danemark. Alors j’ai émis l’hypothèse d’aller au Groenland, qui dépend du Danemark. Nous avons donc monté une tournée avec l’aide de Michel Platini, de la Fifa. Nous ferons donc deux matchs au Groenland. Lorsque vous dites aux gens que vous partez là-bas, ils sont scotchés. Ils s’imaginent que personne n’y joue au football, alors qu’il existe un terrain synthétique magnifique à Nuuk. Nous y avons programmé deux matchs, les 19 et 21 mai. Le 20, nous partirons très loin en bateau pour planter sur la banquise le drapeau du Variétés club de France.

Durant ces 48 ans passés dans le service public, avez-vous déjà eu envie de le quitter ? Avez-vous été approché par des concurrents ?
Jacques Vendroux : Il est toujours prétentieux d’en parler. Mais j’ai été approché par Europe, RTL, par la télévision… Un jour, en 1992 ou 1993, j’ai eu un moment de folie : je suis parti à Canal + pendant deux mois. J’ai démissionné au bout d’un mois car ce n’était pas mon truc ! J’ai cru être plus malin que les autres ; j’ai cru que j’allais franchir un cap en allant à Canal. Mais au bout d’un mois, j’ai constaté que certains sont faits pour la radio, d’autres pour la télévision. Le jour où j’ai annoncé ma démission à Biétry (Charles Biétry, à l’époque directeur des sports de Canal+, ndlr), il n’avait pas l’air surpris. Je suis fait pour la radio. Ce n’est pas la peine de péter plus haut que son cul : je suis revenu à l’endroit que je n’aurais jamais dû quitter. Radio France a toujours donné suite à mes fantasmes… radiophoniques, attention ! Je leur serai éternellement reconnaissant.

Quels sont vos objectifs d’audience sur Radio France ?
Jacques Vendroux : Je n’ai pas les chiffres des derniers sondages, mais, il y a trois mois, le multiplex de France Info était en tête des multiplex. Nous en sommes contents.

Vous ne vous fixez donc plus d’objectifs ?
Jacques Vendroux : Nous avons un avantage terrible sur les autres : notre multiplex est repris par RFI dans tous les pays francophones d’Afrique. Il est également diffusé sur la station Outre-mer 1ère. Nous aurons donc toujours des auditeurs.

Comptez-vous donc partir à la retraite après cette Coupe du monde ?
Jacques Vendroux : Dans un premier temps, je vais aller jusqu’à l’Euro 2016. Après, on verra.


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