Amanda Sthers évoque les malédictions familiales sans mentionner Patrick Bruel
Interrogée sur son roman Les Gestes, Amanda Sthers se confie sur les secrets de famille, le poids du silence et les traumatismes transgénérationnels.

À l’occasion de la sortie en poche de son roman Les Gestes, Amanda Sthers s’est livrée sur les thèmes des secrets de famille et des traumatismes transgénérationnels. Dans un entretien accordé à la presse culturelle, l’autrice aborde le poids du silence avec une sincérité remarquable. Alors que son ancien mari fait face à une tempête médiatique après les accusations visant Patrick Bruel, ses déclarations prennent une résonance toute particulière.
Bien que l’écrivaine ne prononce à aucun moment le nom du chanteur, ses réflexions sur les silences familiaux et la nécessité d’interrompre certaines malédictions font écho à l’actualité qui entoure le père de ses deux fils.
« Mettre des mots sur le silence pour arrêter la malédiction familiale »
Interrogée sur la manière dont les familles se façonnent autour de ce qui n’est pas dit, Amanda Sthers livre une analyse profonde du poids des non-dits. « Oui. On hérite des silences passés. On sait des choses sans les savoir », explique la romancière. Pour l’écrivaine, les blessures cachées continuent d’agir dans l’intimité des foyers tant qu’elles ne sont pas formulées. Elle poursuit en détaillant ce mécanisme : « C’est tout le transgénérationnel : les secrets, les traumatismes, les choses tues, qui continuent d’agir de génération en génération. À un moment, quelqu’un doit mettre des mots sur le silence pour arrêter la malédiction familiale. »
Ces propos interviennent dans un contexte personnel délicat. Mariés en 2004 et séparés en 2007, Amanda Sthers et l’interprète de Casser la voix sont les parents de deux garçons, Oscar et Léon. Depuis la mise en examen du chanteur pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel — des accusations qu’il conteste —, la romancière conserve une extrême discrétion. Sa seule prise de parole sur le sujet remontait à juin dernier sur Instagram, où elle évoquait des moments de joie mais aussi « beaucoup de tristesse ». Même si l’hôtel de Patrick Bruel fait face à la crise dans la foulée de ses déboires personnels, son ancienne épouse préserve son cercle familial de toute polémique directe.
La construction des personnages et la quête de réparation
Le roman Les Gestes, paru initialement au début de l’année 2025, a été rédigé bien avant le déclenchement des procédures judiciaires actuelles. L’intrigue suit Marc qui, au moment de devenir père à son tour, part sur les traces de ses origines après la mort d’Hippolyte, un père au comportement complexe. Amanda Sthers explique s’être inspirée du cinéma des années 1970 pour façonner cette figure paternelle : « Je l’ai écrit en pensant aux personnages des films de Claude Sautet : des hommes séduisants, lumineux, mais capables aussi d’être des sales types. »
Au cœur du livre réside l’idée que les attitudes non verbales traduisent les blocages profonds des lignées. Comme le souligne l’autrice lors de son entretien : « Les familles se construisent autant avec les gestes que l’on fait qu’avec ceux que l’on ne fait pas. » Née du constat de ses propres mimétismes paternels, sa démarche d’écriture vise avant tout la réparation des liens brisés et l’ouverture du dialogue au sein des familles.
En restant ancrée sur le terrain de la création littéraire, Amanda Sthers évite le déballage médiatique tout en posant des mots clairs sur des dynamiques intimes universelles. Son choix de ne pas commenter la situation judiciaire de son ex-mari témoigne d’une volonté de protéger ses enfants adultes tout en poursuivant son travail d’écriture.
À travers cet ouvrage axé sur la transmission et la pudeur, l’autrice offre une grille de lecture singulière sur les histoires familiales. Entre mémoire des traumatismes et besoin d’apaisement, la romancière rappelle que la parole et l’écrit demeurent les moyens privilégiés pour dépasser les ombres du passé.




