CNews comparée à la Radio Mille-Collines sur l’antenne de T18, remplaçante de C8
De passage sur T18, l'avocat Arié Alimi a provoqué une vive polémique en comparant CNews à la Radio Mille-Collines. Une sortie qui fait réagir.

L’avocat et membre de la Ligue des droits de l’Homme Arié Alimi a provoqué de vives réactions après son passage dans l’émission « Pour tout dire » sur la chaîne T18, le mercredi 4 novembre 2026.
Lors d’un débat consacré à la place des médias d’information en continu, le pénaliste a établi un parallèle direct entre la chaîne privée CNews et la Radio-télévision des Mille-Collines, station rwandaise tristement célèbre pour son rôle dans le génocide des Tutsis en 1994.
Cette déclaration s’inscrit dans un climat d’intenses tensions politiques et médiatiques, marqué par une multiplication des appels à la fermeture du canal d’information.
💥INCROYABLE !
— Destination Télé (@DestinationTele) 5 novembre 2026
CNEWS comparée à… Radio 1000 Collines,
média qui avait incité au génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 (800 000 morts)
[Pour rappel, l’ARCOM a décidé d’arrêter C8 en 2025 pour offrir sa fréquence au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky #T18 #ingérence] pic.twitter.com/OeYmZtUaJV
Une comparaison avec la radio de la propagande du génocide rwandais
Sur le plateau de l’émission diffusée par la chaîne du groupe Czech Media Invest (CMI), propriété de l’homme d’affaires Daniel Kretinsky, Arié Alimi a exprimé sa position sans détour : « La question n’est pas de savoir si on a franchi un cap, et on peut penser à l’épisode « Radio Mille-Collines » ». Face à ces propos, le présentateur Matthieu Croissandeau est rapidement intervenu en modérant l’analyse et en objectant que « comparaison n’est pas raison ». Lors des échanges sur le plateau, un intervenant a également rappelé le rôle historique de cette station : « On rappelle Radio Mille Collines, c’est la radio qui appelait au massacre… ».
Poursuivant sa démonstration, le membre du collectif Stop Bolloré a détaillé le mécanisme de propagande radiophonique utilisé au Rwanda. « Au début, ce n’était pas des massacres. La radio diffusait de l’essentialisation et de la dénomination des Tutsis en les appelant par exemple les « inyenzi », c’est-à-dire « cafards », et comparait certaines personnes en raison de leur origine ou de leur ethnie à des animaux », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « On a ce type de discours qui sont très souvent diffusés sur CNews ». La Radio télévision libre des Mille Collines avait été le principal instrument d’incitation à la haine lors du génocide de 1994, qui a fait plus de 800 000 morts.
Des appels répétés à la suppression de l’antenne
Cette sortie s’inscrit dans un contexte où les attaques politiques contre la chaîne d’information s’amplifient. À la suite de l’attentat raciste survenu à Trappes le 23 octobre dernier contre Pengo Bossio Wangi, impliquant le suspect Kévin T., plusieurs figures politiques de gauche accusent le média de contribuer à un climat idéologique dangereux. L’élu Thomas Portes a notamment fait de la suppression de la chaîne une priorité politique, tandis que deux députés ont demandé le retrait des accréditations des journalistes de la station à l’Assemblée nationale. Le maire de Trappes Ali Rabeh a également refusé l’accès d’une conférence de presse aux équipes du canal, alors que des reporters ont subi des agressions sur le terrain.
Engagé depuis 2021 dans le collectif « Stop Bolloré », Arié Alimi défend le retrait de la fréquence TNT attribuée à la chaîne d’information. Il dénonce l’existence d’un conglomérat médiatique visant, selon lui, à transformer les esprits et à essentialiser une partie de la population en raison de ses origines. Ce débat intervient au moment où le paysage audiovisuel connaît d’importantes reconfigurations sous la direction de l’ARCOM, l’autorité de régulation ayant décidé d’arrêter la chaîne C8 en 2025 pour réattribuer sa fréquence.
Ce n’est pas la première intervention polémique du pénaliste sur les antennes de télévision au sujet du droit et des débats publics. Le 1er septembre précédent, il avait estimé lors d’un débat télévisé qu’une proposition politique visant à interdire le port du voile dans l’espace public constituait une infraction pénale passible d’une peine d’emprisonnement pour provocation à la discrimination. Alors que des pétitions et des démarches institutionnelles ciblant CNews continuent de circuler, ce parallèle formulé sur T18 accentue encore les affrontements autour du contrôle et du rôle des médias d’information en continu en France.




