Macklemore boycotté : le chanteur accuse neuf salles américaines de refuser sa tournée « Free Palestine »
Macklemore accuse neuf salles américaines d'avoir refusé sa tournée engagée pour la Palestine. Le Madison Square Garden conteste fermement toute censure.

Le rappeur américain Macklemore accuse neuf grandes salles de concert aux États-Unis de lui fermer leurs portes en raison de son engagement politique. Connu pour son tube international Thrift Shop, l’artiste a entrepris de monter le Free Palestine Benefit Tour, une série de spectacles destinés à lever des fonds pour des organisations venant en aide aux Palestiniens.
Après avoir fait le plein à Dublin, Paris et Londres, le musicien souhaitait poursuivre son élan sur le sol américain. Mais selon ses déclarations publiées le vendredi 6 novembre, des établissements emblématiques comme le Madison Square Garden à New York et le Kia Forum à Los Angeles ont refusé d’accueillir ses représentations, déclenchant une vive polémique outre-Atlantique.
Des accusations de censure après l’épisode Ed Sheeran
Pour l’artiste engagé contre la guerre menée dans la bande de Gaza, ces refus successifs ne doivent rien au hasard. Les difficultés auraient commencé dès le mois d’août, lorsque le rappeur a été écarté de la première partie des concerts d’Ed Sheeran. Selon ses affirmations, plusieurs propriétaires de stades se seraient fermement opposés à ce qu’il prononce la formule « Free Palestine » une fois sur scène. Un premier signal d’alarme qui s’est concrétisé quelques semaines plus tard par le rejet de dates pourtant disponibles à l’automne dans plusieurs grandes arènes américaines.
Déterminé à ne pas se taire, Macklemore a pris la parole sur ses réseaux sociaux pour dénoncer une tentative d’intimidation globale. « En plus de vingt ans de tournées, je n’ai jamais vécu quelque chose de pareil », a-t-il affirmé, ciblant la pression exercée par une poignée de décideurs sur la création artistique. Le rappeur dénonce un système dans lequel des milliardaires s’octroient le droit de déterminer les causes légitimes et d’interdire d’accès aux grandes scènes du pays les voix qui dérangent. Malgré cette impasse, le musicien promet de construire ses propres scènes s’il le faut pour poursuivre sa collecte de fonds.
La mise au point du Madison Square Garden
Face à la viralité de ces accusations, la réaction des gestionnaires de salles ne s’est pas fait attendre. La direction de MSG Entertainment, la société qui exploite notamment le Madison Square Garden, a tenu à recadrer le débat et à rejeter toute motivation politique. Un porte-parole du groupe a rappelé que leurs enceintes figurent parmi les plus sollicitées au monde, affichant un calendrier extrêmement chargé avec des disponibilités très limitées en fin d’année.
L’entreprise a également porté la réplique sur le terrain commercial en affirmant que Macklemore n’était « pas un artiste du niveau des grandes arènes », contestant ainsi directement la capacité du rappeur à remplir seul de telles jauges. De son côté, l’administration du Kia Forum à Los Angeles n’a pas apporté de commentaires. Si aucun élément indépendant ne permet aujourd’hui de trancher entre motif idéologique et contrainte de programmation, l’affaire remet en lumière le fossé grandissant entre les prises de position des artistes et les impératifs des géants du spectacle vivant.
Malgré la fermeture des grandes arènes traditionnelles, l’interprète américain refuse de faire marche arrière ou de modifier son discours. L’artiste assure vouloir poursuivre son combat en s’associant avec des musiciens et des partenaires indépendants prêts à soutenir la cause palestinienne.
Fort du succès rencontré lors de ses étapes européennes cet automne, Macklemore entend prouver que sa mobilisation dépasse les considérations financières des exploitants de salles. En promettant de nouvelles dates indépendantes sur le sol américain, le rappeur réaffirme que le soutien du public reste la seule véritable mesure de son engagement sur la scène internationale.



