Yanis Marshall se confie sur sa séropositivité : « Un plan cul ne le mérite pas de le savoir »
Yanis Marshall s'exprime sans détour sur sa séropositivité. Le chorégraphe aborde son traitement et son refus de tout dévoiler à ses relations éphémères.

Ancien professeur emblématique de la Star Academy, le danseur et chorégraphe Yanis Marshall a choisi d’évoquer publiquement et sans détours sa séropositivité. Lors d’un entretien vidéo, l’artiste s’est livré en toute franchise sur la gestion de sa santé et sur les stéréotypes persistants liés au virus. Alors que la parution de son livre Je vous conseille de ne pas le dire approche, le chorégraphe aborde avec fermeté la question des confessions intimes avec ses partenaires. Il estime notamment que la révélation de son statut médical n’a pas à être systématique lors de rencontres d’un soir, dès lors qu’aucun risque sanitaire n’est encouru.
Un traitement efficace et le rejet du sentiment de culpabilité
Pour justifier sa position, Yanis Marshall s’appuie sur la réalité médicale de son traitement actuel, composé de quatre comprimés par semaine. Cette prise en charge lui permet d’être indétectable et intransmissible, garantissant ainsi l’impossibilité absolue de contaminer autrui. Dans ce cadre précis, l’artiste estime que dévoiler son état de santé à une relation éphémère ne relève d’aucune obligation morale : « Un plan cul ne le mérite pas », explique-t-il sans détour. L’objectif pour lui est de se préserver de réactions hostiles inutiles tout en maintenant une vie sociale et affective normale.
Le chorégraphe pointe également du doigt les réflexes stigmatisants auxquels sont confrontées les personnes vivant avec le VIH. Il s’agace particulièrement de la question récurrente « est-ce que tu es clean ? », souvent posée sur les applications de rencontre, estimant qu’elle sous-entend injustement que les séropositifs seraient « sales ». Yanis Marshall relate d’ailleurs avoir été bloqué sur une plateforme de rencontre après avoir mentionné en toute transparence sa situation. Malgré ces épreuves et les épisodes de sérophobie, il rappelle l’importance primordiale du préservatif et de l’usage de la PrEP pour la prévention globale.
Un engagement large face à toutes les formes de rejet
En brisant ce tabou, l’ancien professeur entend sensibiliser l’opinion publique et démontrer qu’une personne suivant correctement son traitement peut vivre en oubliant parfois la maladie dans son quotidien. Son ouvrage autobiographique pousse la démarche plus loin en abordant d’autres formes de discriminations intériorisées ou subies dans l’industrie du spectacle, allant de l’homophobie à la grossophobie. En exposant son vécu sans fard, le danseur espère transformer une expérience intime en un message d’émancipation pour ceux qui craignent le regard des autres.
En prenant la parole avec cette franchise caractéristique, Yanis Marshall montre que le recul de la maladie passe autant par les progrès de la médecine que par la fin du sentiment de honte.
En s’affirmant pleinement face aux préjugés et en défendant son droit au respect, le chorégraphe rappelle que la protection individuelle et collective reste une responsabilité partagée par l’ensemble de la société, indépendamment des statuts sérologiques de chacun.



