« Le prix à payer » (Netflix) : Ninho arnaqué de plusieurs millions ? Le label Mal Luné Music sort du silence
Dans un documentaire Netflix, le rappeur Ninho accuse son ancien label de l'avoir lésé de plusieurs millions d'euros. Mal Luné Music réplique vivement.

À l’affiche du nouveau documentaire disponible sur Netflix, Le prix à payer, le rappeur Ninho revient longuement sur son ascension fulgurante et sur les coulisses de sa carrière dans la musique. Mais au-delà des anecdotes de studio et du succès d’estime, le film met en lumière un conflit financier majeur opposant l’artiste à son ancien label, Mal Luné Music. Accusée par le musicien et son conseil d’avoir capté la quasi-totalité des recettes générées par ses premières tournées à guichets fermés, la structure de production est rapidement sortie du silence pour dénoncer des attaques ciblées et des propos qualifiés de diffamatoires.
Une différence de millions d’euros sur les dates de tournée
Au cœur de cette affaire, Ninho, de son vrai prénom William, évoque une période charnière où il enchaînait les concerts devant des milliers de spectateurs sans percevoir la couleur des gains réels. Face caméra, l’interprète décrit la prise de conscience brutale survenue à l’issue d’un marathon de représentations à travers la France.
« On est train de faire 70 dates avec 7 à 10.000 personnes par soir. Donc tu fais le calcul, 70 x 10.000… On kiffait tellement qu’on a pas vu les dates passer. C’est à la fin, avec l’argent qu’on a récolté, qu’on s’est dit, mais attend, on a touché tant… y’a pas beaucoup d’argent. On s’est demandé si les Johnny Hallyday et les grandes stars françaises touchaient ça. Franchement y’a un problème ! Tu commences à te renseigner et tu découvres que ça a fait 4-5millions et que toi tu as touché 400.000 euros… Y’a quelqu’un qui a tout récupéré alors ! » lance-t-il.
Selon les explications fournies dans le documentaire, le rappeur avait accordé une confiance aveugle à ses producteurs depuis 2016. Son avocate prend également la parole pour préciser que les engagements contractuels souscrits par l’artiste ne prévoyaient aucune rétribution directe équitable. Alors que les habitudes du secteur auraient dû lui garantir environ 70 % des bénéfices, l’intégralité des recettes tirées des représentations scéniques repassait systématiquement dans les caisses de la société de production.
La réplique officielle du label face aux accusations
Face à la gravité des déclarations diffusées auprès des abonnés de la plateforme de streaming, la réaction de Mal Luné Music ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, la direction du label a tenu à fermement rejeter ces imputations, dénonçant une opération de dénigrement orchestrée par le camp du rappeur : « À la suite de la diffusion sur Netflix d’un documentaire mettant directement en cause Mal Luné Music, nous prenons la parole. Nous avons été stupéfaits de constater que des intervenants de ce documentaire tiennent des propos purement mensongers, de nature ouvertement diffamatoire et portant gravement atteinte à notre honneur et à notre considération. »
Le label regrette par ailleurs l’absence totale de débat contradictoire avant la mise en ligne du projet, coproduit par la propre structure de l’artiste. La société souligne n’avoir jamais été sollicitée pour apporter sa version des faits, déplorant un manquement à la déontologie la plus élémentaire. Elle fustige une volonté délibérée de proférer des mensonges pour favoriser la polémique, tout en soulignant le déchaînement de haine provoqué sur les réseaux sociaux depuis la sortie du film.
Cette prise de parole publique marque une rupture nette et définitive entre le poids lourd du rap français et l’équipe qui a accompagné ses premiers succès discographiques. Alors que le documentaire poursuit sa diffusion sur les écrans, le différend financier et juridique entre William et ses anciens associés s’étale désormais au grand jour, sans qu’un terrain d’entente ne semble envisageable à ce stade.
Le communiqué de Mal Luné ⬇️ pic.twitter.com/ElkNSJriqR
— Kultur (@Kulturlesite_) 5 novembre 2026



