Radio Nova : l’humoriste Pierre Metzger convoqué par la police après son sketch polémique
Après avoir visé Vincent Bolloré et Bernard Arnault dans un sketch sur Radio Nova, l'humoriste Pierre Metzger est convoqué par la police.

L’humoriste Pierre Metzger se retrouve au cœur d’une vive tourmente judiciaire après la diffusion d’une séquence satirique particulièrement virulente sur l’antenne de Radio Nova. Le chroniqueur de l’émission La Riposte a reçu une convocation de la police judiciaire suite à des propos ciblant directement les hommes d’affaires Vincent Bolloré et Bernard Arnault. Alors que le dossier prend une tournure pénale, cette affaire survient alors que la station s’est déjà désolidarisée du sketch polémique. Entre accusations d’incitation à la violence et débats sur la liberté de ton des comédiens, le conflit monte d’un cran.
INFO BLAST — Pierre Metzger, humoriste de Radio Nova, convoqué par la police judiciaire pour un sketch sur Bolloré et Arnault
— BLAST, Le souffle de l’info (@blast_france) 3 novembre 2026
Invité dans l’émission La Riposte sur Radio Nova le 14 octobre, Pierre Metzger y avait suggéré de « taper des barres » devant les hôtels…
Un sketch choc aux adresses non censurées
Lors du numéro diffusé le 14 octobre dernier et présenté par Akim Omiri, le comédien a imaginé un trajet de manifestation alternatif en invitant les auditeurs à se rendre directement au domicile des deux milliardaires. Dans sa chronique, Pierre Metzger a communiqué les adresses personnelles exactes des deux capitaines d’industrie, des coordonnées qui n’avaient pas été bipées lors de la retransmission antenne.
L’humoriste incitait son auditoire à changer de cible : « Il ne faut même plus calculer nos ministres, les gars », lançait-il au micro. Évoquant le fait d’aller chercher Vincent Bolloré pour lui faire des « guilis », il glissait également l’image d’un « petit nœud de cravate coulissant autour du cou », avant de lâcher plus loin : « N’hésitez pas à tirer dans la tête ».
Enquête judiciaire et saisine de l’Arcom
Face à ces déclarations, la justice a rapidement ouvert une procédure. La police judiciaire vise des faits de provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit, ainsi que de divulgation d’informations personnelles exposant autrui à un risque d’atteinte aux personnes ou aux biens. Initialement prévue le jeudi 29 octobre, l’audition du chroniqueur a finalement été reportée à une date ultérieure. Les enquêteurs s’intéressent également aux responsables de la chaîne, puisqu’un dirigeant du groupe Combat, propriétaire de la station, est lui aussi convoqué le 2 novembre. En parallèle, l’affaire prend un tournant réglementaire avec la saisine de l’Arcom par Éric Ciotti, président de l’UDR, qui dénonce des dérives répétées sur les ondes.
De son côté, Pierre Metzger refuse fermement de modifier sa ligne de conduite et qualifie ces démarches de véritable tentative d’intimidation. La direction du média a quant à elle tenu à marquer une rupture nette avec son intervenant, déclarant que « les propos tenus dans la vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux ne reflètent ni les valeurs ni la ligne éditoriale de Radio Nova », avant d’ordonner le retrait de la séquence sur l’ensemble de ses supports numériques. Cette confrontation soulève désormais avec acuité la question des limites de l’humour politique lorsque des personnalités sont nommément visées par des propos évoquant des violences physiques.



