Franceinfo : Alix Bouilhaguet convoquée après ses propos sur Jean-Luc Mélenchon
Visée par une procédure disciplinaire à France Télévisions, l'éditorialiste Alix Bouilhaguet a été entendue après une erreur sur Jean-Luc Mélenchon.

Alix Bouilhaguet, éditorialiste politique sur Franceinfo, fait actuellement l’objet d’une procédure disciplinaire initiée par la direction de France Télévisions. La journaliste a été convoquée et entendue par sa hiérarchie le lundi 2 novembre, soit environ deux semaines après avoir présenté ses excuses publiques pour des erreurs commises à l’antenne concernant Jean-Luc Mélenchon. Cette décision intervient dans un climat déjà électrique au sein de la station publique, récemment marquée par une interview explosive de Sarah Knafo sur Franceinfo. Si le groupe audiovisuel public a confirmé la tenue de cet entretien, la sanction ou la mesure envisagée contre l’éditorialiste reste pour l’heure inconnue.
Ce matin, en affirmant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas nettement condamné les pillages du 17 octobre et l’incendie de la mairie de Limoges, j’ai commis une erreur. Je tiens à présenter mes excuses.
— Alix Bouilhaguet (@ABouilhaguet) 21 octobre 2026
Des erreurs et des propos contestés à l’antenne
L’élément déclencheur de cette convocation remonte au 21 octobre 2026. Lors d’une intervention à l’antenne, Alix Bouilhaguet affirmait que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas clairement condamné les pillages survenus le 17 octobre ni l’incendie de la mairie de Limoges. Or, trois jours auparavant, le leader de La France insoumise avait publiquement qualifié de « crime » l’acte d’incendier un bâtiment public. Face à l’inexactitude des faits rapportés, l’éditorialiste s’est exprimée le 29 octobre sur le réseau social X pour reconnaître son faux pas : « J’ai commis une erreur », a-t-elle écrit avant d’adresser ses excuses. Lors de son entretien avec la direction de l’information, la journaliste a cherché à replacer ses propos dans leur contexte global et à expliquer sa vision du métier.
Cette polémique n’est pas isolée. Deux jours avant sa séquence consacrée à la figure de La France insoumise, la journaliste avait suscité de vives réactions en attribuant une partie des pillages à des jeunes issus des quartiers populaires, une affirmation immédiatement contestée par le Syndicat national des journalistes. L’éditorialiste avait également fait l’objet d’un rappel à l’ordre plus ancien. Le 9 novembre 2025, face au député Manuel Bompard dans l’émission Questions politiques, elle avait soutenu que Zohran Mamdani avait utilisé le slogan « Mondialiser l’intifada ». Saisie sur le dossier, l’Arcom a établi l’inexactitude de ces propos et souligné que l’intéressé avait condamné à plusieurs reprises les attaques du 7 octobre 2023. Jugeant le démenti à l’antenne trop tardif, survenu seulement le 16 novembre, le régulateur a formellement mis en demeure France Télévisions et Radio France le 8 avril 2026.
Un parcours ancré au cœur du pôle politique public
Alix Bouilhaguet est une figure bien connue de l’information audiovisuelle publique, ayant intégré le service politique de France 2 en 2001. Après trois années passées à couvrir l’actualité en tant que correspondante aux États-Unis, elle était revenue au siège parisien en 2013 pour occuper les fonctions d’adjointe au chef du service politique. À cette période, ses analyses régulières dans Télématin et ses remplacements à la présentation de l’interview des 4 Vérités ont renforcé sa visibilité auprès du grand public. Elle a par la suite pris la rédaction en chef de L’Émission politique avant d’être nommée éditorialiste politique sur Franceinfo en 2020.
La suite de cette procédure disciplinaire déterminera la place et le rôle à venir d’Alix Bouilhaguet au sein de la rédaction de France Télévisions. Alors que le groupe public doit composer avec des exigences accrues de rigueur et d’impartialité éditoriale à l’antenne, l’issue des délibérations de la direction de l’information reste particulièrement surveillée en interne. Ce dossier remet en lumière les responsabilités de l’éditorialisme politique à une heure où le moindre écart factuel est immédiatement relevé par les acteurs politiques comme par le public. La direction n’a pour le moment communiqué aucune date concernant l’annonce d’une éventuelle mesure ou sanction.



